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11/05/2017 13:11 EDT | Actualisé 11/05/2017 15:42 EDT

Outre la gouvernance, il y avait d'autres dossiers d'intérêt chez Bombardier

MONTRÉAL — Si la gouvernance et la rémunération des patrons ont retenu l'attention lors de l'assemblée des actionnaires de Bombardier (TSX:BBD.B), jeudi, le rendez-vous annuel a également été l'occasion de faire le point sur d'autres sujets.

Voici un survol:

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La plainte de Boeing:

Le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, n'a pas voulu spéculer sur les effets découlant de la plainte déposée par Boeing auprès des autorités américaines, qui allègue que la société québécoise vend ses avions CSeries à des prix jugés «dérisoires» aux États-Unis.

Dans son discours aux actionnaires, le grand patron de Bombardier a affirmé que cette plainte pourrait avoir des répercussions sur les compagnies aériennes.

Boeing demande au département du Commerce et à la Commission du commerce international des États-Unis d'imposer des droits compensatoires d’au moins 79,41 pour cent ainsi qu’un autre droit antidumping de 80,5 pour cent contre Bombardier.

«C'est difficile de spéculer sur ce qui peut ou ne peut pas arriver, a dit M. Bellemare en point de presse. Nos discussions avec les compagnies aériennes progressent de la même façon qu'avant. On ne veut pas se laisser distraire par cette stratégie (de Boeing).»

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Les livraisons de la CSeries

Bombardier n'a livré trois avions CSeries à ses clients depuis le début de l'année alors que sa cible pour 2017 oscille entre 30 et 35 avions. Des problèmes de cadence chez le motoriste Pratt & Whitney pèsent sur les efforts de l'avionneur montréalais au chapitre des livraisons.

«Pratt & Whitney suit son calendrier, a précisé M. Bellemare. Nous sommes optimistes d'avoir les moteurs comme promis. Ce n'est pas un processus anormal dans le lancement d'un nouveau moteur. Nous avons un bon plan.»

Jusqu'à présent, Bombardier a livré ses nouveaux avions commerciaux à Swiss International Air Lines ainsi qu'au transporteur letton airBaltic. Korean Air devrait devenir la première compagnie aérienne asiatique à accueillir la CSeries dans sa flotte plus tard cette année.

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Les rumeurs de fusions

M. Bellemare a refusé de commenter les rumeurs selon lesquelles Bombardier discuterait avec la société allemande Siemens AG d'un regroupement de leurs divisions de matériel roulant. Une telle transaction, dont la valeur pourrait atteindre environ 14 milliards $, permettrait aux deux entreprises de mieux concurrencer des rivaux chinois comme CCRC.

«En 2015, nous avions dit que nous allions nous pencher sur toutes les options stratégiques et observer la consolidation (dans le secteur)», a-t-il dit.

La Caisse de dépôt et placement du Québec détient une participation de 30 pour cent dans Bombardier Transport depuis qu'elle a investi 1,5 milliard $ US en novembre 2015.

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L'enquête en Suède

Le dossier de l'enquête de l'unité anticorruption de Suède à la suite d'allégations de malversations qui pèsent sur certains employés de Bombardier Transport pour un contrat de l’Azerbaïdjan a également été brièvement abordé.

Un consortium qui comprend une filiale suédoise de Bombardier Transport a décroché en 2013 ce contrat ferroviaire qui est largement financé par la Banque mondiale.

«Il y a une enquête et on coopère avec les autorités policières, a dit M. Bellemare. Nous voulons aller au fond des choses et quand on va bien comprendre ce qui se passe ou ce qui s'est passé, on va prendre les actions appropriées.»

Bombardier coopère depuis l'automne avec les autorités et a précisé dans son rapport trimestriel et qu'elle fait l'objet d'une vérification de la Banque mondiale, précisant au passage n'avoir reçu aucun résultat.

En mars dernier, un employé russe de l'entreprise avait été arrêté en Suède dans cette affaire.

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Performance trimestrielle

Bombardier est demeurée dans le rouge et a vu ses revenus fléchir au premier trimestre terminé le 31 mars, mais les analystes ont semblé encouragés de voir que le plan de redressement de M. Bellemare commence à porter fruit.

L'entreprise a affiché une perte nette de 31 millions $ US, ou deux cents US par action, par rapport à une perte nette de 138 millions $ US, ou sept cents US par action, il y a un an.

Les revenus se sont repliés de neuf pour cent, à 3,58 milliards $ US, alors que le bénéfice d'exploitation ajusté est demeuré stable, à 128 millions $ US.

Abstraction faite des éléments non récurrents, Bombardier a affiché un bénéfice de 2 millions $ US, ou zéro cent par action, par rapport à une perte ajustée de 34 millions $ US, ou trois cents US, l'an dernier.

L'utilisation des flux de trésorerie a été de 593 millions $ US, ce qui a été mieux que prévu.

Les investisseurs ont accueilli favorablement ces résultats, puisqu'à la Bourse de Toronto, l'action de Bombardier a clôturé à 2,21 $, en hausse de 16 cents, ou 7,8 pour cent.