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11/05/2017 01:49 EDT | Actualisé 11/05/2017 02:00 EDT

Municipales en Cisjordanie sous le signe des divisions palestiniennes

Les Palestiniens élisent samedi leurs conseils municipaux, mais seulement en Cisjordanie. Une fois de plus, la bande de Gaza gouvernée par le Hamas islamiste restera à l'écart, illustrant l'enracinement des divisions palestiniennes.

Les deux territoires théoriquement censés former un seul Etat palestinien indépendant n'ont plus voté ensemble depuis 2006. Les municipales de 2017 sont une nouvelle occasion manquée de surmonter les dissensions, un impératif pour espérer un règlement global du vieux conflit israélo-palestinien.

La tenue concomitante d'élections en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, séparées géographiquement par le territoire israélien et politiquement par des années de querelles, aurait pu délivrer le message d'une convergence palestinienne.

Au contraire, la non-participation de la bande de Gaza, avec ses deux millions d'habitants, scelle un nouvel échec des efforts de réconciliation.

Vainqueur des législatives de 2006 mais privé de sa victoire par le rejet, de la part d'Israël et de la communauté internationale, d'un gouvernement conduit par le Hamas, ce dernier a pris le pouvoir par la force dans la bande de Gaza en 2007, évinçant l'Autorité palestinienne, émanant des Accords d'Oslo et internationalement reconnue.

Le Hamas est considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

L'Autorité palestinienne n'exerce plus ses prérogatives qu'en Cisjordanie, occupée depuis 50 ans par l'armée israélienne.

C'est son président Mahmoud Abbas que rencontrera Donald Trump fin mai lors d'une visite en Cisjordanie et en Israël. Et c'est avec lui et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qu'il se fait fort de présider à l'accord diplomatique ultime.

Le Hamas, avec un nouveau chef et une nouvelle déclaration de principes, observera à distance la venue du président américain et les élections.

Entre le Hamas et l'Autorité, toutes les tentatives de pacification ont fait long feu, y compris, en 2016 le projet de premières élections conjointes depuis 2006.

En 2012 déjà, le Hamas avait boycotté les municipales qui ne s'étaient déroulées qu'en Cisjordanie.

- Peu d'enthousiasme -

Samedi, 1,1 million d'électeurs sont donc appelés à renouveler plus de 300 conseils municipaux dans ce territoire. En tout, "536 listes, soient 4.400 candidats, sont en lice", explique à l'AFP Hicham Kheil, chargé de la Commission électorale qui supervise le scrutin.

"Tout indique que le scrutin devrait bien se dérouler", poursuit-il, espérant que "les électeurs se rendent nombreux aux urnes".

Rien n'est moins sûr. Selon un sondage du Palestinian Center for Policy and Survey Research (PSR), seuls 42% des Palestiniens en Cisjordanie ont l'intention de voter. Pour plus d'un sur cinq, cette consultation entrave le rapprochement entre les mouvements rivaux et près d'un tiers estime que le Hamas a raison de ne pas y participer.

Le Hamas a accusé Ramallah de "renforcer la division". L'Autorité palestinienne lui a renvoyé l'accusation, déplorant que le mouvement islamiste maintienne sa direction parallèle.

Comme à chaque rendez-vous électoral, dans certaines localités où les liens tribaux et familiaux sont forts, les conseils de village se sont mis d'accord pour former une liste unique et, "dans 180 circonscriptions", le conseil municipal est déjà connu, explique M. Kheil.

Ailleurs, les murs se sont couverts d'affiches électorales et de slogans de listes qui concourent sous le nom d'un parti, de coalitions ou sont le fruit d'initiatives locales.

Cette compétition dominée par les notables locaux et les attaches familiales passionne peu la rue palestinienne, plus préoccupée par d'autres luttes.

Dans la bande de Gaza, les manifestations sont quotidiennes pour dénoncer le blocus imposé par Israël depuis plus de 10 ans, mais aussi de récentes décisions de l'Autorité palestinienne qui affectent durement les Gazaouis: coupes dans les rémunérations des fonctionnaires de Gaza ou arrêt du paiement de l'électricité fournie par Israël à l'enclave.

En Cisjordanie, les places publiques se sont couvertes de tentes de soutien au millier de Palestiniens en grève de la faim depuis trois semaines dans les prisons israéliennes. Sur les murs ou aux ronds-points, les posters de prisonniers et les appels à la solidarité font concurrence aux affiches électorales.

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