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10/05/2017 23:50 EDT | Actualisé 13/05/2017 02:27 EDT

Les opposants au Venezuela meurent dans la rue ou subissent les tribunaux militaires

Deux personnes ont perdu la vie et des dizaines d'autres ont été blessées dans la capitale vénézuélienne, mercredi, au terme d'une autre journée de violents rassemblements visant à réclamer la tenue d'élections.

Des agents de la garde nationale ont aspergé les protestataires de gaz lacrymogène, à Caracas, au moment où ils tentaient de se rendre devant le bâtiment de la Cour suprême. Certains manifestants ont lancé des bouteilles remplies d’excréments aux policiers qui leur bloquaient le passage.Le maire de la région a indiqué que 84 personnes avaient été hospitalisées. Miguel Castillo, qui avait récemment obtenu son diplôme en communications de l'Université Santa Maria, a été tué durant le tumulte.Un chauffeur de moto-taxi a aussi succombé à ses blessures, dans la ville de Merida, dans l’ouest du pays. L’homme aurait reçu une balle à la tête pendant une manifestation, selon les médias locaux.Par ailleurs, des défenseurs des droits de la personne déplorent le fait que des manifestants détenus doivent faire face à un tribunal militaire, une pratique qui viole selon eux la Constitution vénézuélienne. Certains estiment que plus de 250 personnes se retrouvent dans cette situation.La Constitution du Venezuela limite le recours aux tribunaux militaires aux cas d'« infractions de nature militaire ».

L'usage croissant des tribunaux militaires pour juger des civils démontre la détermination absolue des autorités vénézuéliennes d'asphyxier les manifestations grandissantes.

Erika Guevara Rosas d’Amnistie internationale

Cette pratique vise à « terroriser toute personne qui considère la possibilité d'exprimer des opinions », a fait valoir la directrice de la division des Amériques pour Amnistie internationale, Erika Guevara Rosas.Le gouvernement du président Maduro soutient que les tribunaux font partie des mesures d'urgence nécessaires pour assurer la sécurité nationale.Des chefs de l'opposition estiment que le recours accru à la justice militaire reflète une tentative du président Maduro de contourner les décisions de la procureure en chef du Venezuela, Luisa Ortega, seule voix discordante au sein du camp présidentiel. Elle a fait preuve d'une indépendance inhabituelle, demandant la libération d'au moins 38 détenus en raison d'un manque de preuves contre eux.Au moins 39 personnes sont mortes et près d’une centaine ont été blessées en plus d'un mois de crise politique déclenchée par le retrait, par la Cour suprême, des derniers pouvoirs de l'Assemblée nationale. La décision controversée a été annulée par la suite.Les manifestants blâment le président Nicolas Maduro pour l'augmentation du taux de criminalité, les vastes pénuries de denrées alimentaires et de matériel médical ainsi que l'inflation galopante.