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11/05/2017 08:33 EDT | Actualisé 11/05/2017 15:45 EDT

Les meilleurs ménages à trois… au cinéma

Woody Allen s'encanaille et filme un ménage à trois pas piqué des vers dans Vicky Cristina Barcelona. À découvrir dimanche 14 mai à minuit, au Ciné-club d'ICI RADIO-CANADA TÉLÉ.

Madame, monsieur… et encore madame. Ou monsieur. Ou le contraire. Tout est possible! En cinq films, on fait le tour des combinaisons les moins normées osées par quelques cinéastes-canailles, au premier rang desquels on trouve ce sacré Woody Allen.

Vicky Cristina Barcelona, de Woody Allen (2008)

Vicky, la sérieuse, et Cristina, l’aventurière, sont le genre d’amies tellement soudées qu’elles passent l’été à Barcelone ensemble. Mais ce qui les attend sous le chaud soleil catalan va tout changer : un peintre au physique affolant va leur faire une proposition… particulière. Si la sexualité a toujours été un sujet de discussion ou même de blagues pour Woody Allen, rarement aura-t-il autant osé l’aborder de front. Et si le taux d’affolement monte aussi vite, c’est également grâce aux acteurs choisis par le cinéaste, visiblement titillé : Scarlett Johansson, Rebecca Hall, Penelope Cruz et Javier Bardem. On a vu pire pichous.

Sérénade à trois, d’Ernst Lubitsch (1933)

Gilda, blonde platine et œil qui pétille, passe le temps dans un train en dessinant ses deux voisins de compartiment. Le début d’une histoire folle qui va la faire tomber amoureuse des deux hommes, l’un peintre et l’autre écrivain. Et au diable la morale ou les convenances. Car c’est en 1933 qu’Ernst Lubitsch se frotte au ménage à trois et prouve que la modernité est une question d’état d’esprit, pas d’époque. Audace, liberté de ton, érotisme, acteurs vibrants (Miriam Hopkins, Fredric March et Gary Cooper) : Sérénade à trois sera banni par les ligues de décences catholiques en 1934, et son visa de sortie lui sera refusé! Autres temps, autres mœurs, aujourd’hui, on peut enfin se régaler de cette comédie aux dialogues impertinents et fins, où les femmes sont battantes et pleines de panache, et les hommes, sensibles et virils à la fois.

Les amours imaginaires, de Xavier Dolan (2010)

Francis et Marie sont amis. Ils partagent tout. Même leur désir tout juste né pour Nicolas. Au son des mélopées de Dalida, d’Indochine ou de Renée Martel, Xavier Dolan chapeaute la quête d’un amour impossible de ces deux amis, amour qui les rapprochera, les divisera, les rapprochera encore, etc. L’amour, un poison à ingestion lente et répétée? Inspiré par un road trip qu’il a fait avec Monia Chokri et Niels Schneider, Xavier Dolan réalise (et joue dans, et scénarise, et produit et conçoit les costumes de) un deuxième film sous le signe du ménage à trois, du fantasme, de la Nouvelle Vague digérée à la sauce pop et du service à thé rétro.

Jules et Jim, de François Truffaut (1962)

En 1962, le sensible François Truffaut adapte un roman d’Henri-Pierre Roché sans se douter que le résultat deviendrait un des grands classiques du cinéma. Mais comment aurait-il pu savoir? Plongeant dans le Paris du début du 20e siècle, il y filme le ballet sentimental et follement libre se jouant entre Catherine, Jules, son mari allemand, et Jim, leur ami français. Mais surtout, il réussit l’impossible : arriver, dans un contexte aussi osé, à parler purement et uniquement d’amour. D’un amour sans contraintes, sans choix, sans renoncement, superbement incarné par Jeanne Moreau, dans un rôle à la mesure de sa légende. À voir, ne serait-ce que pour son interprétation charmante et émouvante du Tourbillon de la vie.

Jeanne Moreau chante Le tourbillon, dans Jules et Jim (source: YouTube)

Les mâles, de Gilles Carle (1971)

Le ménage à trois pour mieux fustiger les travers de nos sociétés patriarcales et embourgeoisées, mais aussi la bêtise crasse et profonde de la nature humaine? C’est Gilles Carle qui subvertit le genre en le chahutant par ses idées à contre-courant de l’esprit libertaire des années 70 et en s’amusant, avec une ironie assez féroce, du destin d’un étudiant et d’un bûcheron partis fuir la civilisation en forêt et qui fileront, un temps seulement, le parfait amour avec une jeune femme pure et innocente. Sous l’œil du cinéaste qui a longtemps envisagé que cette fable cruelle soit appelée Phytécantropus erectus, les marginaux se révèlent encore plus conformistes que ceux qu’ils ont fuis!

Le temps est bon, chanté par Isabelle Pierre, au cœur des Mâles (source : YouTube)

La bande-annonce de Vicky Cristina Barcelona. Le film est diffusé dimanche 14 mai à minuit, au Ciné-club d’ICI RADIO-CANADA TÉLÉ.