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11/05/2017 07:35 EDT | Actualisé 11/05/2017 08:00 EDT

Kosovo: les législatives anticipées convoquées le 11 juin

Les législatives anticipées au Kosovo auront lieu le 11 juin, a annoncé le président Hashim Thaçi jeudi, au lendemain de la chute du gouvernement, renversé par le Parlement.

Fruit d'une motion de censure votée par le Parlement, la chute du gouvernement est la conséquence de la rupture entre les deux principales formations de la coalition au pouvoir: le Parti démocratique du Kosovo (PDK) de M. Thaçi et la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) du Premier ministre Isa Mustafa. Ils s'opposent sur la ratification d'un accord sur la démarcation de la frontière avec le Monténégro.

Cette ratification est une condition posée par l'Union européenne pour dispenser les Kosovars de visas, enjeu crucial pour cette nation qui aspire à y adhérer. Mais les élections retardent l'examen de cette libéralisation.

La ratification de l'accord par le Parlement a été sans cesse repoussée, sur fond de manifestations violentes de l'opposition, organisées notamment par le parti Vetevendosje. Il a crié à la "trahison", car il estime que l'accord prive le Kosovo de plusieurs milliers d'hectares de terres, des pâturages de montagne.

"Le travail entamé par l'UE avec les institutions kosovars ne doit pas s'arrêter à cause des élections à venir", a déclaré sur une télévision locale la représentante de l'UE à Pristina, Nataliya Apostolova, ajoutant que l'accord de démarcation devra être ratifié par le prochain Parlement.

Pour les analystes et les observateurs occidentaux, la décision du PDK d'accepter des élections anticipées peut aussi s'expliquer par la volonté d'être légitimé par un succès électoral dans la perspective de l'avancée des travaux du tribunal spécial mis en place pour juger les ex-chefs rebelles de l'armée du Kosovo (UCK) pour crimes de guerre. Parmi les inculpés potentiels, figure le nom d'Hashim Thaçi.

Le conflit de 1998-99 entre rebelles albanais Kosovars et forces serbes envoyées par Slobodan Milosevic est la dernière des guerres qui a déchiré l'ex-Yougoslavie.

La guerre s'était achevée lorsque l'Otan avait bombardé la Serbie, ce qui avait conduit au retrait des forces serbes du Kosovo, placé sous protection de l'Otan et de forces internationales, toujours présentes.

Peuple de quelque 2,1 millions de personnes, le Kosovo a proclamé son indépendance en 2008, qui est reconnue par plus de 110 pays. Soutenue par la Russie, la Serbie la rejette.

Belgrade et Pristina ont entamé un dialogue en 2011 pour normaliser leurs relations, mais elles restent tendues.

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