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11/05/2017 04:45 EDT | Actualisé 11/05/2017 05:00 EDT

Kazakhgate: le Parlement belge dénonce des tentatives "d'intimidation"

Le président de la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement belge, a dénoncé jeudi des tentatives d'intimidation de la part du milliardaire belgo-kazakh Patokh Chodiev, figure clé de l'affaire dite du "Kazakhgate" qui embarrasse Paris et Bruxelles depuis des années.

M. Chodiev "vient de citer à titre individuel un membre" de la commission d'enquête parlementaire chargée du dossier, l'écologiste Georges Gilkinet, a indiqué jeudi dans un communiqué le président de la Chambre, Siegfried Bracke.

Selon l'hebdomadaire belge Le Vif-L'Express, M. Chodiev réclame au député vert un euro à titre provisionnel pour les "dommages causés à son image".

L'homme d'affaires avait précédemment "cité à comparaître la Chambre", a souligné M. Bracke.

"Une comparaison des deux citations fait apparaître clairement qu'elles ont une finalité commune: intimider la Chambre, dans sa totalité ou à travers l'un de ses membres", a-t-il ajouté.

"Bien qu'il ne soit pas d'usage que la Chambre défende en justice ses membres (...) j'ai décidé que la Chambre soutiendra M. Gilkinet dans la défense de ses droits constitutionnels et, à travers lui, des droits constitutionnels de tous les membres de la Chambre", a poursuivi M. Bracke.

En France, le "Kazakhgate" porte sur des soupçons de corruption et de commissions occultes touchées en marge d'importants contrats conclus sous la présidence de Nicolas Sarkozy avec le Kazakhstan.

En Belgique, une commission d'enquête parlementaire, dont M. Gilkinet est l'un des membres les plus actifs, doit déterminer les "circonstances" ayant conduit au vote en un temps record, au printemps 2011, d'une loi élargissant le champ d'application des "transactions pénales".

Les députés cherchent notamment à savoir si Paris a exercé à cette époque des pressions sur les autorités belges, à la demande du Kazakhstan, pour que la nouvelle mouture de la loi puisse permettre à M. Chodiev d'en faire usage.

Dans les jours qui ont suivi son adoption, le milliardaire a en tout cas payé, pour lui et deux de ses associés, une amende de 23 millions d'euros qui lui a permis d'échapper à un procès.

"Cette démarche hostile s'ajoute à des menaces plus ou moins explicites formulées à l'encontre de Georges Gilkinet", a réagi le parti écologiste.

Paris n'a pas tenté d'"infléchir la loi belge", a assuré la semaine dernière le secrétaire général de l'Elysée puis ministre français de l'Intérieur à l'époque de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, devant cette même commission.

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