NOUVELLES
11/05/2017 15:34 EDT | Actualisé 11/05/2017 15:45 EDT

Jesen Therrien, le baseballeur québécois le plus dominant depuis Gagné et Martin

Le lanceur montréalais Jesen Therrien connaît un début de saison époustouflant au sein du club-école AA des Phillies de Philadelphie. En fait, depuis Éric Gagné et Russell Martin, aucun autre baseballeur québécois n'a autant dominé que Therrien dans les rangs professionnels.

Âgé de 24 ans, Therrien occupe le poste de releveur numéro un des Fightin Phils de Reading, de la Ligue Eastern, et il figure parmi les meneurs du circuit dans à peu près toutes les catégories statistiques.

Utilisé dans 14 rencontres jusqu'à présent cette saison, Therrien a signé sept sauvetages en autant de tentatives. Il vient au second rang à ce chapitre au sein de la Ligue Eastern, où s'affrontent les meilleurs jeunes espoirs de 12 organisations du baseball majeur.

La moyenne de points mérités de Therrien (1,48) le place au quatrième rang parmi les releveurs ayant préservé au moins deux victoires. Et son ratio de retraits sur des prises/buts sur balles est extrêmement élevé (et impressionnant). En 18 manches et deux tiers, il a déjà retiré 28 frappeurs sur des prises alors qu'il n'a accordé que trois buts sur balles.

Sa moyenne WHIP (une statistique avancée extrêmement révélatrice qui mesure le nombre de buts sur balles et de coups sûrs accordés par manche lancée) attire sans doute déjà l'attention des dirigeants des Phillies. Elle s'élève à seulement 0,48, ce qui fait du droitier de Montréal-Nord le lanceur le plus efficace de la ligue. Rien de moins.

Depuis quelques années, Jesen Therrien s'entraîne en Arizona l'hiver sous la supervision d'Éric Gagné. En observant les statistiques qu'il compile cette année, il est difficile de ne pas y trouver des similitudes avec les succès que connaissait Gagné dans le rôle de releveur numéro un.

***

Au téléphone, Therrien a d'abord semblé surpris lorsqu'on a évoqué la place qu'il occupe parmi les meneurs de la Ligue Eastern.

« Je l'ignorais, a-t-il avoué. Pour être honnête, je n'accorde pas vraiment d'importance aux statistiques. Pour avoir du succès dans ce rôle, il faut que je me concentre sur un match à la fois et que j'essaie d'être le meilleur possible chaque jour », explique le sympathique artilleur.

À la lumière des excellents résultats qu'il connaît, on se demande comment il se fait que le gérant de l'équipe canadienne, Ernie Whitt, n'ait pas daigné l'utiliser une seule fois durant la récente Classique mondiale de baseball, quand le Canada éprouvait toutes sortes de difficultés au monticule.

« Je n'ai pas eu la chance de jouer dans ce tournoi, mais c'était une belle opportunité d'être là. Plusieurs releveurs de l'équipe avaient de l'expérience du baseball majeur et j'ai appris en les regardant travailler dans l'enclos. En plus, c'était vraiment formidable de faire partie de la même équipe qu'Éric (Gagné). Je m'entraîne souvent avec lui, mais le fait d'être son coéquipier était tout à fait spécial. »

***

Pour Jesen Therrien, toute la saison 2017 s'articule autour du thème de la constance. Il s'agit de la qualité la plus difficile à acquérir pour un jeune lanceur, et il s'agit aussi de la qualité qui ouvre toutes grandes les portes des ligues majeures.

« C'est l'aspect de mon jeu sur lequel je me concentre le plus et c'est le sujet de conversation qui est revenu le plus souvent sur le tapis quand je m'entraînais avec Éric Gagné. Il arrive parfois qu'on se présente au monticule et qu'on ne se sente pas à 100%. Ce sont les matchs les plus difficiles et il faut savoir passer au travers.

« À date, je dirais que la constance est là. Je sais maintenant comment m'ajuster quand tout ne fonctionne pas à mon goût et comment exécuter mes lancers même quand c'est plus difficile. »

S'il poursuit à ce rythme, Therrien finira par forcer les dirigeants des Phillies à inscrire son nom à la fameuse liste des 40 joueurs qui donne accès aux ligues majeures. Plus tôt cet hiver, le releveur québécois avait confié que son objectif consistait à terminer la saison dans les grandes ligues.