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11/05/2017 06:13 EDT | Actualisé 11/05/2017 06:20 EDT

Homosexuels en Tchétchénie: 5 militants LGBT arrêtés à Moscou

Cinq militants pour les droits de la communauté LGBT, dont un Italien, ont été arrêtés jeudi à Moscou alors qu'ils se rendaient au parquet général pour dénoncer le sort des homosexuels en Tchétchénie, république conservatrice du Caucase russe.

"Nous allions tout simplement au parquet (...). Et on nous a arrêtés illégalement", a raconté à l'AFP l'un des militants, Nikita Safronov.

Selon lui, un ressortissant italien, Yuri Guaiana, se trouvait parmi les personnes interpellées.

Peu après 13H00 GMT, tous les cinq ont été libérés du commissariat de police du centre de Moscou où ils avaient été amenés, selon une journaliste de l'AFP.

Interpellés à une trentaine de mètres du parquet général, ils voulaient annoncer avoir collecté deux millions de signatures pour une pétition contre les persécutions dont seraient la cible les homosexuels en Tchétchénie, selon une enquête publiée fin mars par le journal russe Novaïa Gazeta.

M. Safronov a expliqué que les militants apportaient au parquet général dix cartons "symbolisant ces signatures": "Si on avait imprimé ces 2 millions de signatures, cela ferait 100 kilos de papier".

Une clé USB avec des signatures collectées devait également être remise au parquet, a précisé à l'AFP une autre militante, Alexandra Alexeïeva, 22 ans.

"Après qu'on a fait deux pas en direction du parquet général, la police nous a suivis et a saisi les cartons", a raconté l'activiste italien Yuri Guaiana, interrogé par téléphone par la radio italienne Radio Radicale.

Arcigay, la principale organisation de défense des gays en Italie, a condamné ces arrestations, en dénonçant une "hostilité intolérable de la part des institutions russes envers les personnes LGBT".

"C'est insultant et très inquiétant", a réagi pour sa part l'ONG de défense LGBT All Out.

Selon Novaïa Gazeta, les autorités de Tchétchénie, où l'homosexualité est considérée comme un tabou, ont arrêté plus de 100 homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur". Toujours selon le journal, au moins deux personnes ont été assassinées par leurs proches et une troisième est décédée des suites d'actes de tortures.

Des homosexuels tchétchènes ayant fui à Moscou ont affirmé à l'AFP avoir été battus et détenus "dans une prison non-officielle", et vivre aujourd'hui la peur au ventre d'être identifiés et traqués par leur famille.

Une enquête a été ouverte par le parquet général, mais les enquêteurs disent n'avoir reçu "aucune plainte officielle" de victime.

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