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11/05/2017 16:29 EDT

Glengarry Glen Ross, une pièce où tous les coups sont permis

Glengarry Glen Ross est un classique du théâtre contemporain. Présentée pour la première fois en 1983 par le dramaturge américain David Mamet, la pièce dépeint de manière peu reluisante le milieu du courtage immobilier. Dans cette pièce, tous les coups bats sont permis pour atteindre le sommet des ventes.

Un texte de Valérie-Micaela Bain

L'oeuvre de David Mamet présente des personnages masculins, mais la metteure en scène Brigitte Poupart a opté pour une distribution entièrement féminine à l'Usine C.

Cette dernière a d'ailleurs dû obtenir l'approbation de l'auteur pour effectuer ce changement. Shelley Levene, Richard Ricky Roma, George et Dave deviennent donc Shelley, Roma, Ginette et Danièle. Ces quatre agentes immobilières sont au bord du gouffre. Seule l'agente qui réalisera les ventes les plus importantes pourra conserver son emploi.

Homme ou femme, même combat

Les textes de cette adaptation sont les mêmes que dans la pièce originale. Les comédiennes y tiennent un langage cru et se permettent tous les coups bas : mensonges, vol, fraude et manipulation. Ce genre de rôle permet de porter un regard différent sur les femmes, explique la metteure en scène.

« Je trouve ça très très intéressant que les femmes sortent justement de leur personnage de mère, de la femme, de la pute », explique-t-elle.

Micheline Lanctôt, que l’on n'avait pas vue au théâtre depuis 24 ans, interprète le rôle de Shelley Levene, agente immobilière d’un certain âge qui était jadis la meilleure vendeuse de Glengarry Glen Ross.

Selon elle, il n'y a pas de différence entre le comportement d'un homme ou d'une femme, lorsque placé en situation de survie. Elle juge que la pièce est une critique du monde dans lequel on vit.

« Le néolibéralisme, le consumérisme, ça broient tout le monde indifféremment des sexes, et ça vise un certain secteur d’activités. Les femmes, parfois, sont obligées de se comporter de manière pire que les hommes pour maintenir une position, un statut. Homme ou femme, c’est beaucoup plus l’aspect social de la pièce qui est intéressant. »

Micheline Lanctôt offre une prestation juste et sentie d'une femme désespérée prête à tout pour conserver son emploi. Soulignons aussi le travail d'Isabelle Miquelon. Cette dernière déclame avec fougue toute la colère de Danièle, une agente aigrie.

Louise Bombardier est aussi très drôle dans son rôle d'agente immobilière un peu simple et qui manque de confiance en elle. Le jeu des autres actrices, Guillermina Kerwin, Marilyn Castonguay, Léa Simard et Geneviève Laroche est inégal, bien que Guillermina Kerwin, dans le rôle de Roma, se rattrape à la fin de la pièce.

Glengarry Glen Ross est présentée à l'Usine C jusqu'au 13 mai.