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11/05/2017 05:47 EDT | Actualisé 11/05/2017 06:00 EDT

Allemagne: répétition générale dimanche avant les législatives

Le vent en poupe après deux succès électoraux régionaux, le parti conservateur d'Angela Merkel défie dimanche les sociaux-démocrates allemands dans leur fief de Rhénanie du Nord-Westphalie, une répétition générale avant les législatives de septembre.

Une victoire du mouvement de la chancelière, la CDU, ou un score serré lors de scrutin, la placeraient en orbite idéale pour un quatrième mandat d'affilée.

Elle a déjà en quelques semaines repris l'ascendant sur son rival et président social-démocrate (SPD), Martin Schulz, avec deux victoires, dimanche dernier dans le Schleswig-Holstein et fin mars en Sarre.

Au niveau national, le SPD accuse désormais avec 29% des intentions de vote un retard de 7 points sur la CDU après avoir été un temps à égalité, d'après un sondage paru mercredi.

L'élection en Rhénanie-du Nord-Westphalie (centre-ouest) présente un intérêt décuplé, s'agissant de la région la plus peuplée d'Allemagne, un bassin sidérurgique en reconversion vers la high-tech où 13,1 millions d'électeurs sont appelés aux urnes.

- Coeur historique -

Surtout, il s'agit du "coeur" historique de la social-démocratie allemande, qui y détient le pouvoir presque sans interruption depuis la seconde guerre mondiale. "Une défaite sur place aurait un effet symbolique désastreux" pour ce parti, juge le professeur à l'Université libre de Berlin, Oskar Niedermayer, joint par l'AFP.

Les récents sondages donnent les deux partis au coude-à-coude, un dernier jeudi pronostiquant même pour la première fois une victoire de la CDU.

Vu l'enjeu, Angela Merkel multiplie les déplacements dans la région, avec pas moins de sept meetings cette semaine.

Mercredi, elle était à Haltern am See pour soutenir son poulain local, Armin Laschet, qui fait campagne en dénonçant le chômage plus élevé en Rhénanie du Nord qu'au plan national, la délinquance plus forte ou les résultats scolaires inférieurs.

"Grâce à une politique intelligente et des finances saines, nous avons réussi au plan national à réduire de moitié le chômage depuis que j'ai été élue chancelière en 2005", a martelé Angela Merkel.

Elle s'en est pris à son rival Martin Schulz, qui fait campagne en promettant davantage de dépenses sociales pour les plus démunis. "Parler seulement de justice sociale ne suffira pas", a-t-elle dit, "la justice sociale passe par davantage de créations d'emploi et un budget solide".

Andreas Kaiser, un commercial de 57 ans adhérent à la CDU, espère un changement en Rhénanie "car la région est classée dans les dernières du pays au plan économique".

Sur la place du marché baignée de soleil et animée par une fanfare, les militants CDU sont confiants.

- Schulz menacé -

"Dans une région où le SPD devrait se situer 10 points devant la CDU, si nous arrivons ne serait-ce qu'à même hauteur, ce serait un signal fort en vue des législatives", affirme Wolfgang Partförder, 67 ans, ancien maire conservateur d'une ville voisine.

Côté social-démocrate, l'ambiance est morose. "La percée de Schulz ne s'est pas confirmée. On ne l'entend plus guère parler", regrette, amer, Günter Kadelka, 63 ans, un sympathisant à la retraite.

"Si l'élection devait aussi être perdue par le SPD, la CDU serait galvanisée tandis que M. Schulz pourrait enterrer ses espoirs de conquérir la chancellerie", analyse Oskar Niedermayer.

Le parti de la chancelière joue aussi sur deux sujets très sensibles dans la région.

Elle accuse les sociaux-démocrates d'avoir échoué à assurer la sécurité lors de la nuit du nouvel An de Cologne le 31 décembre 2015, marquée par des agressions sexuelles de femmes qui avaient scandalisé le pays. Elle lui reproche aussi de ne pas avoir arrêté à temps Anis Amri, l'auteur de l'attentat jihadiste de Berlin en décembre dernier, qui était surveillé par la police locale.

Le score des nationalistes de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) sera aussi scruté de près, au moment où il est en repli au niveau national du fait de querelles internes. Il devrait quand même entrer dans un 13e parlement régional, sur les 16 que compte l'Allemagne.

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