DIVERTISSEMENT
09/05/2017 08:12 EDT | Actualisé 09/05/2017 08:15 EDT

Heureux lendemain pour Ludovick Bourgeois (ENTREVUE)

Il s’appelle Ludovick Bourgeois. Il a 24 ans. Il a grandi en banlieue nord de Montréal, à Rosemère et Lorraine, où il habite toujours. Étudiant en administration, il espère être un jour son propre gérant.

Il consacre ses étés à la musique depuis deux ans, dans un groupe avec des copains ou avec son ex-BB de père, Patrick Bourgeois – avec qui il a même lancé un album en duo à la fin 2015 -, ce qui lui permet de gagner sa vie en grattant la guitare. Sportif invétéré, il joue au hockey à la position d’ailier droit, ainsi qu’au baseball. Ses amis et lui fondent des ligues de toutes sortes, et c’est là que «Ludo» trouve son exutoire pour relaxer, une heure et demi par semaine. Il avoue avoir une copine «depuis pas si longtemps», mais détourne le regard, embarrassé, lorsqu’on lui pose la question.

Voilà un aperçu du pedigree du nouveau roi de La voix, qui a reçu dimanche la couronne que plusieurs lui destinaient déjà d’avance. Croisant le micro avec David Marino (équipe Pierre Lapointe), Rebecca Noelle (équipe Marc Dupré) et Frank Williams (Équipe Isabelle Boulay), le protégé d’Éric Lapointe n’a causé aucune surprise en récoltant les grands honneurs, mais on aurait difficilement pu prévoir l’écrasante majorité de 50 % du vote populaire qui lui a été allouée. L’effet de la «Ludomania» se faisait déjà bel et bien sentir depuis le début de la compétition, certes, mais un tel résultat était inespéré. Du principal intéressé, du moins.

«C’est un gros terme, je trouve», laisse timidement tomber Ludovick lorsqu’on évoque cette folie qui l’a porté jusqu’au triomphe. Humble, il fait mine de chercher autour de lui et de ne pas savoir de quoi on parle lorsqu’on lui demande s’il croit que sa belle gueule lui a peut-être donné un coup de main. Il ne cherche pas à expliquer son succès, plaidant qu’il est demeuré authentique tout au long de son parcours à La voix, et que son premier désir était, et reste toujours, de s’éclater en faisant de la musique.

«C’est une passion que j’ai et je voulais arriver à mes fins, peu importe le moyen, détaille-t-il. La voix est un beau tremplin pour essayer. Je l’ai pris, et c’a fonctionné.»

Son coach, Éric Lapointe, vante pour sa part la concentration de son poulain sur son art, son focus, son dévouement, ses motivations intègres.

«On dit qu’être coach, c’est de guider un artiste, mais moi, je ne le vois pas comme ça, expose Lapointe. C’est plutôt l’artiste qui te guide, d’une certaine façon. Mais un artiste défini comme Ludovick l’est, qui sait ce qu’il veut, ça rend le travail facile. C’est un encadrement, afin qu’il soit à l’aise et dans son élément. Ludovick a eu un parcours impeccable, impressionnant de performance en performance. Il a mérité sa place.»

Fier de son père

Les plus âgés se souviendront peut-être d’avoir vu un tout petit Ludovick Bourgeois - alors blond comme les prés - poser avec son célèbre papa, sa maman et sa grande sœur Pénélope dans des magazines artistiques, à l’époque où les BB cartonnaient aux palmarès. Patrick Bourgeois a depuis eu une autre fille, Marie-William, aujourd’hui âgée de 14 ans, dans une seconde union.

Ludovick dit garder peu de souvenirs de la période où son père et ses camarades François Jean et Alain Lapointe avaient les cheveux longs et faisaient pâmer d’admiration les demoiselles, mais il se remémore en rigolant les «poches de lettres» reçues à la maison, en opposition à la horde de messages que lui peut recevoir aujourd’hui via les réseaux sociaux. Il précise d’ailleurs qu’il est secondé par «une couple d’amis» dans la gestion de ses comptes Facebook, Instagram et compagnie.

Ludovick l’a prouvé en reprenant la classique Tu ne sauras jamais aux auditions à l’aveugle : il n’entretient aucun complexe à suivre les traces de son paternel et ne cherche d’aucune façon à se distancier de lui, bien au contraire. De toute façon, même s’il le voulait, les ressemblances physiques et vocales sont trop frappantes.

«Je ne peux rien changer à ma face et à la façon dont je chante, philosophe-t-il. Je l’assume complètement. Et je ne vais pas m’empêcher de faire des shows avec mon père et de tripper avec lui parce que je lui ressemble et que je risque d’être identifié à lui… De me faire comparer à quelqu’un qui pratique ce métier depuis 25 ans, ce n’est pas gênant, ça ne me dérange pas du tout.»

«Il a attaqué cette problématique de front aux auditions à l’aveugle», constate pour sa part Éric Lapointe, qui dit être un «bon chum» de Patrick Bourgeois, mais qui n’avait jamais croisé Ludovick dans les coulisses du métier avant de pivoter pour lui à La voix.

«Son introduction était une chanson de son père. Il a réglé le dossier en arrivant. Je trouve que c’est une preuve de caractère, en partant. Ils partagent le même ADN, ils se ressemblent, ils ont une voix similaire. Des fois, j’ai l’impression de parler à son père! Ils ne peuvent pas passer à côté de la comparaison, mais Ludovick a sa personnalité, sa signature, son intention quand il chante. Je suis convaincu que les gens vont départager ça. Il est fier de son père, avec raison, et son père est fier de lui, avec raison!»

Fibre rock

Ils étaient 2 329 500 téléspectateurs fébriles à syntoniser TVA, à anticiper l’ultime verdict prononcé par Charles Lafortune et à regarder Ludovick pousser de toute son énergie la très pop chanson Si je commençais, fignolée spécialement pour lui par Éric Lapointe et Lynda Lemay, dimanche soir.

Enthousiaste, la nouvelle coqueluche québécoise ne compte pas faire languir ses admirateurs (et admiratrices) longtemps avant de leur proposer l’album qui constitue son grand prix à La voix (assorti d’une bourse de 65 000 $). Il rêve même de lancer son disque d’ici septembre. Profitera-t-il de la mini-tournée de concerts des demi-finalistes de La voix, annoncée pour cet été, pour lancer en grandes pompes sa première collection?

«La vibe est tellement grosse en ce moment, souligne-t-il. Je sais que c’est rapide, mais je suis prêt.»

Il n’a pas encore eu l’occasion de songer aux sonorités qu’il souhaite exploiter sur son premier opus. Par les temps qui courent, il se dit inspiré par le country-rock à la Florida Georgia Line, tandem avec qui il a d’ailleurs partagé la scène, dimanche. Il compose un brin et aimerait peut-être mettre son talent de l’avant dans son projet solo, mais on sent que le garçon a besoin de réfléchir avant de se fixer. Et il nous prévient : «Ma voix est pop, mais j’aime le rock. J’aime quand c’est plus sale!»

C’est peut-être cette fibre rock qui l’a amené à jeter son dévolu sur Éric Lapointe lorsqu’il a dû arrêter son choix sur l’un des coachs, en début de saison de La voix.

«Moi, j’ai senti une parenté, ne serait-ce qu’au niveau de l’énergie, relate le rockeur. Je pense qu’on n’a pas à mettre d’étiquette à un artiste. On aime la musique, point. Moi, à la maison, j’écoute du jazz et de l’opéra.»

«C’est justement ce qui est le fun avec La voix, pour un coach, c’est d’avoir à travailler avec des artistes différents, dans d’autres univers. Ça nous fait grandir», ajoute Lapointe, notant au passage qu’il ne s’approprie pas la victoire de Ludovick.

«Si tu coaches Wayne Gretzky, tu as des chances de ramasser la coupe, mais ce n’est pas toi qui est allé la mettre dedans…»

Ce qui n’empêche toutefois pas le «grand frère» d’espérer vivement collaborer à nouveau avec son cadet dans un avenir rapproché.

«Je n’ai pas encore négocié avec lui, je ne sais pas s’il va charger cher, sourit Éric Lapointe. Mais il va sûrement faire des apparitions dans mes shows cet été. Il est le gagnant de La voix, il n’a pas besoin de moi pour faire carrière, mais si je peux faire partie de son aventure, ça va me faire plaisir.»

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