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Refonte électorale : un « combat perdu d'avance » pour le Nord de l'Ontario

La politologue Laure Paquette croit que les quatre membres de la Commission de délimitation des circonscriptions électorales du Grand Nord nommés vendredi font face à une tâche impossible.

Un texte deNatacha Lavigne

Greg Essensa, directeur général des élections en Ontario, le professeur de l’Université d’Ottawa Michael Pal, Eric Fisher de Kenora et Therese Hall de North Bay siègeront à cette commission tout au long de l’été. Leur mandat? Se pencher sur les façons d'arriver à un équilibre entre les circonscriptions et la population en vue des élections provinciales de 2018.

Mais la politologue Laure Paquette estime que les travaux du comité sont voués à l'échec.

Ils ne peuvent jamais faire ça dans le Nord de l’Ontario. C’est un principe qui existe, mais qu’ils ne seront jamais capables de respecter

La commission doit étudier les limites des circonscriptions de Kenora-Rainy River et de Timmins-Baie James et de voir au redécoupage afin d’en créer de nouvelles. Ces mesures porteront le nombre de circonscriptions électorales de 107 à 123 ou 124.

Si le tout se concrétise, le Nord de l'Ontario compterait désormais 12 ou 13 circonscriptions. On en dénombre 11 à l'heure actuelle.

« Ça ne suffit pas. Les Autochtones vont finalement avoir deux comtés où 90 à 95 % du monde va être Autochtones, ce qui veut dire qu’ils vont pouvoir se représenter eux-mêmes. Est-ce que ça veut dire que le Nord de l’Ontario a assez de sièges? Non! », soutient Gilles Bisson, député de Timmins-Baie James.

Au moment du découpage des circonscriptions, chacune d’entre elles doit représenter le même pourcentage de la population afin que la valeur du vote soit équivalente partout en province.

Or, ce sera une tâche ardue dans le Nord, croit la politologue Laure Paquette.

« Soit ils vont créer des circonscriptions tellement grandes qu’il sera difficile de faire campagne, soit ils créeront des circonscriptions plus petites où chaque suffrage exprimé aura un poids démesuré par rapport à ce qui se passe dans le reste de l’Ontario. C’est l’un ou l’autre », tranche Mme Paquette.

Perte du pouvoir politique du Nord

Si le reste de la province profite et que le Nord continue de perdre de la vitesse, ses pouvoirs ne cesseront de s’estomper, avance Laure Paquette.

Notre pouvoir va être dilué. Il est déjà très dilué et ça va aller en s’accélérant

Selon elle, cette problématique fera en sorte que le gouvernement va continuer de prendre des décisions qui avantagent le sud de la province.

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