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Marc Savard s'inquiète pour Crosby

Quatre jours après qu'on lui ait diagnostiqué une quatrième commotion cérébrale, Sidney Crosby se rapproche d'un retour au jeu, mais Marc Savard et Ian Laperrière, deux anciens joueurs qui connaissent bien l'épreuve que traverse le no 87, lui enjoignent d'être prudent.

Vendredi, le capitaine des Penguins a assuré se sentir bien et l’on entend même parler d’une reprise de l’action possible dès samedi pour le cinquième match de la série contre les Capitals.

« J’espère juste qu’il est honnête. Dans les séries [en 2010, NDLR], j’avais fait la même chose, j’étais revenu. J’avais menti par rapport à mes symptômes, j’espère que ce n’est pas ce qu’il est en train de faire », a lancé Laperrière joint au téléphone par Radio-Canada Sports, vendredi.

L’ancien des Flyers avait reçu un lancer frappé au-dessus de l’oeil droit lors du deuxième tour éliminatoire. En plus des 70 points de suture, on lui avait diagnostiqué une contusion au cerveau et pour s’assurer de jouer la finale de l’Est et celle de la Coupe Stanley, le Québécois avait menti aux médecins de Philadelphie.

Je ne le regrette pas. C’est sûr que c’était risqué de revenir avec des symptômes, mais je ne regrette pas ma décision. Je pensais que ça partirait durant l’été, mais quand je suis arrivé au camp ils étaient encore là, alors j’ai pris ma retraite.

La Ligue nationale impose un protocole de retour au jeu aux joueurs qui ont subi une commotion, une liste d’étapes à franchir avec succès avant de considérer endosser l’uniforme à nouveau, mais le protocole ne prévoit pas de période minimale de convalescence.

« Il est certainement le meilleur juge », a estimé Marc Savard qui en connaît long sur les commotions cérébrales qui l’ont forcé à prendre une retraite prématurée à 33 ans.

« Mais je ne sais pas combien de commotions de plus il pourra encaisser. Personnellement, j’en ai eu six et je me suis aperçu que c’était trop risqué de continuer », a-t-il poursuivi.

Songer à l'avenir

En novembre dernier dans un article du Boston Globe, Savard soutenait que les commotions lui avaient volé quelques belles années de carrière et, dans la peau de Crosby a-t-il confié, il entreprendrait une petite introspection.

« Le sport a besoin de lui, mais il doit réfléchir à son avenir. Il a accompli beaucoup de choses incroyables dans la ligue et je sais qu’il veut continuer. Il doit se rappeler que peu importe tout ce qu’il a accompli, il a une longue vie devant lui encore. Et sans le hockey. Je lui dirais : « joue intensément, mais fais attention et si quelque chose arrive encore, ce sera le temps de penser à l’avenir. » »

En dépit des tests de dépistage et des évaluations psychologiques, le blessé joue un grand rôle dans la décision finale. Ce qui jette parfois un doute sur le véritable état du hockeyeur lorsqu’il revient au jeu.

« On vit pour ces moments-là, vivre une finale de la Coupe Stanley, c’est ce que tout le monde veut. (Crosby) est-il un peu biaisé par son envie de jouer? Parce qu’au fond, il n’y a pas de véritables tests à part demander au joueur. Tu peux faire autant de tests que tu veux, mais il n’y a que toi qui sais comment tu te sens », a expliqué Savard, aujourd’hui entraîneur dans le hockey mineur à Peterborough.

« C’est un adulte, il est vacciné, il va prendre sa décision », a fait valoir Laperrière.

« Il a 30 ans. J’écoutais des émissions de radio où les gens disaient « Ses parents devraient lui parler ». Le kid a 30 ans. Ce n’est plus un kid justement », a ajouté l’entraîneur-adjoint des Flyers.

Des avis divergents

Les deux retraités ne s’entendent toutefois pas sur le coup à l’origine de la blessure du joueur vedette des Penguins.

Si les deux croient fermement que Niskanen n’a fait que réagir sur la séquence sans viser la tête de Crosby intentionnellement, Laperrière a jugé le coup de bâton d’Ovechkin, qui précède le contact, illégal.

Tandis que Savard n’y a rien vu de répréhensible, pas plus que Crosby d’ailleurs.

Par contre, l’ancien petit joueur de centre des Bruins de Boston, toujours sur la liste de paie des Devils du New Jersey d’ailleurs, a milité pour une réglementation plus sévère.

« Que tu le fasses intentionnellement ou non, c’est quand même un coup à la tête. Il faut que quelque chose soit fait dans cette ligue. Ça s’en va dans la bonne direction, mais peu importe comment, dès que la tête est frappée, je crois fermement que ça nécessite une suspension d’un ou deux matchs. »

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