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Les bibliothèques veulent faire de leur financement un enjeu électoral

En Nouvelle-Écosse, les bibliothèques publiques comptent profiter de la campagne électorale pour faire de leur financement un enjeu électoral.

Certaines bibliothèques ont commencé à distribuer à leurs usagers des affichettes qu’ils peuvent accrocher à la poignée de leur porte d’entrée de telle façon qu’elles soient visibles pour les candidats ou leurs représentants qui leur rendent visite.

Sur ces affichettes, on peut lire le message suivant : « SVP, aidez-nous à faire des bibliothèques publiques un enjeu important pendant ces élections. Les bibliothèques publiques ont besoin de plus de financement de base pour leurs collections, leurs services et leurs programmes. »

Des bibliothèques affirment que le sous-financement met leur survie même en péril. Selon la bibliothécaire en chef des comtés de l’est, Laura Emery, les 10 bibliothèques qu’elle supervise ont dû supprimer des emplois et des programmes à cause du manque d’argent.

« Avant, nous livrions des livres à des aînés isolés, confinés à leur maison, mais nous avons dû éliminer ce programme », dit-elle.

Le service de prêts entre bibliothèques a aussi été interrompu récemment parce que l’employé qui s’en occupait est parti en congé de maladie et qu’il ne restait plus suffisamment d’employés pour prendre la relève.

Dans la région de la côte sud de la Nouvelle-Écosse, on se plaint de l’érosion continuelle des programmes qu’entraîne le sous-financement.

« Je suis bibliothécaire en chef sur la côte sud depuis sept ans et au cours de cette période, notre financement n’a augmenté que d’un peu plus de 1 % », déplore Troy Myers. « Nous avons dû faire preuve de beaucoup de créativité, mais là, la situation devient critique! »

Une formule qui désavantage les régions rurales

En Nouvelle-Écosse, les municipalités sont responsables des bibliothèques, mais le gouvernement provincial fournit 75 % de leur budget d’exploitation.

C’est la population d’une région donnée qui détermine le montant que ses bibliothèques recevront. Or, comme la population diminue dans plusieurs régions rurales de la province, l’avenir de certaines bibliothèques se présente plutôt mal.

« Le dernier recensement a amené un état de crise », affirme Ruby MacDorman, président de l’association des conseils de bibliothèques de la Nouvelle-Écosse.

Les bibliothécaires estiment que la solution viendra d’un financement stable qui augmentera au gré de l’inflation, sans que les données de la population soient prises en compte.

Les engagements des partis

Dans leur programme électoral, les libéraux promettent de maintenir le budget actuel de 14,4 millions de dollars par année des bibliothèques. Ces dernières pourront aussi obtenir une partie du budget de 1,5 million qui sera consacré à un nouveau Fonds d’innovation culturelle.

Pour leur part, les progressistes-conservateurs s’engagent à revoir la formule de financement actuelle des bibliothèques publiques et de la remplacer par une formule « moderne », viable à long terme, pour assurer la survie des bibliothèques. Celles-ci seraient d’autre part admissibles à des subventions provenant d’un nouveau Fonds d’amélioration des communautés.

La position du NPD est plus succincte : le parti se dit contre toute réduction du budget des bibliothèques. « Les gens ne veulent pas vivre dans des communautés où ils n’ont pas accès à des services de bibliothèques », précise sa plateforme.

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