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Élections en C.-B. : l'immobilier, l'enjeu principal pour une famille francophone

L'élection provinciale est une première en Colombie-Britannique pour un couple québécois qui vit dans l'île de Vancouver depuis moins d'un an, mais les enjeux qui le touchent rejoignent bon nombre de Britanno-Colombiens.

Un texte de Nahila Bendali

Dominic Leclerc est un militaire originaire du Québec. Son emploi l’a mené à déménager, avec sa conjointe Catherine Arsenault et leurs deux fils de trois et huit ans, près de la base d’Esquimalt, dans l’île de Vancouver.

Le couple avait quelques jours pour trouver une maison qui leur convenait. « Ça a été un gros choc de voir le prix des maisons, le marché bougeait très vite », raconte Catherine Arsenault. Tous deux avaient à peine le temps de se déplacer pour visiter une maison en banlieue de Victoria que celle-ci était déjà vendue.

La demande était tellement élevée que des surenchères d’offres d’achat sur une maison étaient pratiques courantes, ce qui faisait augmenter le prix d’une résidence en quelques heures. L’achat de leur résidence actuelle a été un coup de chance, puisqu’elle s’est libérée au dernier moment. La famille a tout de même dû débourser 600 000 $ pour sa résidence, dépassant de 100 000 $ son budget initial prévu, à cause de la vitesse du marché.

Dominic Leclerc remarque que l’enjeu de l'immobilier prend une place prédominante dans la campagne électorale. « Je crois que ce sera le travail des politiciens de trouver un bon remède [...] et pas seulement des plans pour profiter de l’explosion des prix », estime le militaire.

Il dit avoir entendu à plusieurs reprises le terme « spéculateur » au cours du mois dernier. Bien qu’il soit conscient que des actions sont nécessaires pour équilibrer le marché et cibler ces spéculateurs, Dominic Leclerc ne voit pas d’un bon oeil l’ajout de taxes sur la propriété. « S’il y a un des partis qui se fait l’avocat d’une surtaxe, pour piger dans les profits de vente de maison [...] je ne suis pas très ouvert à ça. » Sa carrière peut l’emmener à déménager et devoir vendre sa maison à tout moment­.

Médecins et urgences

Un autre enjeu qui attire l’attention des parents : la santé. « Je n’ai pas de médecin de famille, il n’y a pas de suivi pour mes enfants », souligne Catherine Arsenault.

La situation de la famille est semblable à celle de nombreux Britanno-Colombiens, qui sont victimes d’une pénurie de médecins de famille. « Par expérience, les promesses de médecins, j’y crois plus ou moins », lance Dominic Leclerc. L’accès aux médecins de famille a souvent été un enjeu de taille au Québec et le couple ne croit plus aux solutions miracles pour régler le problème.

Malgré la surprise d’une prime mensuelle d’assurance-maladie unique à la Colombie-Britannique, le couple souligne une bonne gestion des urgences dans les hôpitaux. « Peut-être que ça me coûte quelques dollars de plus par mois, mais comme tout parent qui a des enfants en bas âge, l’hôpital, on y va. Si ça nous coûte quelques dollars de plus, mais ça nous permet d’attendre une heure, une heure et demie au lieu de 14 heures ou même 20 heures dans la grande région de Montréal, je suis prêt à payer », affirme Dominic Leclerc.

Nouvelle scène politique provinciale

Une différence que les deux remarquent par rapport à la politique québécoise : « J’ai remarqué que la synergie reste gauche droite, mais sans la connotation référendaire », explique Dominic Leclerc. La question de la séparation du Québec du reste du Canada occupe toujours une place de choix lors des élections provinciales, ce qui n’est pas un enjeu en Colombie-Britannique. « Ça laisse beaucoup de place à l’économie, l’environnement, la santé… », croit-il.

Le couple québécois se considère encore comme de « nouveaux arrivants » dans leur province d’adoption, mais porte attention aux plateformes des partis et à l’environnement politique. « Je vais encore mieux m’informer, je veux être sûre de mon choix », indique Catherine Arsenault. Dominic Leclerc, lui, se donne jusqu’à la journée des élections pour faire son choix.

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