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Agroalimentaire : « La Saskatchewan suit les traces de la fransaskoisie »

La Saskatchewan aurait tout à gagner à se tourner vers des investissements en agroalimentaire dans les années à venir, un peu comme l'ont tenté les Fransaskois il y a dix ans, estime Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université de Dalhousie.

Le professeur, qui a déjà été chercheur en sécurité alimentaire à l’Université de Regina, était à Saskatoon à l’invitation du ministre de l’Agriculture de la province Lyle Stewart. Devant des investisseurs, il a vendu les mérites de la transformation alimentaire comme voie d’avenir pour le monde agricole en Saskatchewan.

« Il faut regarder en profondeur la transformation, au lieu de regarder le canola comme étant du canola, comment peut-on produire de l'huile de canola par exemple au Canada ? [...] on devrait prendre avantage des lentilles qu'on produit ici en Saskatchewan, produire des barres nutritionnelles, des produits que les gens peuvent acheter en magasin. »

Sylvain Charlebois est d’avis que cette évolution du marché agricole dans la province se fait un peu avec la même philosophie que celle qui avait motivé les Fransaskois, il y 10 ans, à lancer un projet de développement de produits du terroir.

« Ce que je trouve drôle c'est qu'il y a 10 ans, pratiquement jour pour jour, la fransaskoisie avait organisé ici-même à Saskatoon un sommet sur la transformation alimentaire en regardant le bison, la moutarde, les denrées qu'on produit bien en Saskatchewan. Donc la fransaskoisie était là il y a 10 ans. J'ai l'impression que le reste de la Saskatchewan vient de rattraper la fransaskoisie à ce niveau-là. »

Patience et persévérance

Sylvain Charlebois est toutefois réaliste. Développer ce type de marché dans l’ensemble de la Saskatchewan est un travail de très longue haleine.

« Ça s'en vient, mais à pas de tortue, dit-il. Il y a une volonté de changer, mais il y a un manque au niveau des capitaux des investisseurs. Quand on investit dans le domaine de la transformation alimentaire, il faut être patient. On ne peut pas investir 5 millions de dollars et s'attendre à avoir un retour sur notre investissement en 2 ans. Ça ne fonctionne pas comme ça dans le domaine agroalimentaire. Il faut attendre 5 ans, 10 ans. »

Josée Bourgoin, députée de Prince Albert à l’Assemblée communautaire fransaskoise et responsable du développement rural à l’ACF, espère que l’allocution de Sylvain Charlebois à Saskatoon fera réfléchir la province. Selon elle, un changement de vison à cet effet de la part du gouvernement pourrait faire toute la différence à long terme pour le projet des Fransaskois.

« Jusqu’à ce que le gouvernement puisse voir l’agriculture dans toutes ses formes et valoriser l’agroalimentaire davantage, je pense que ça va prendre un certain temps avant de voir cet épanouissement ou cette explosion de produit à valeur ajoutée en Saskatchewan. »

Une réalité que comprennent bien les Fransaskois, dit-elle, parce que faute d’investissements, les Fransaskois n’ont pas vu leur dossier de produits du terroir cheminer comme ils l’auraient souhaité depuis une dizaine d’années.

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