POLITIQUE
04/05/2017 05:57 EDT | Actualisé 04/05/2017 05:58 EDT

Bond de 24 % du nombre d'élèves en difficulté au cégep

Radio-Canada

Le nombre d'élèves en difficulté au niveau collégial au Québec a bondi de près de 25 % depuis l'année dernière, selon ce qu'a appris Radio-Canada. Au même moment, les budgets alloués à ces élèves ont crû de 12 %, mais ce n'est pas encore assez, dénonce le Parti québécois.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

En 2016-2017, on dénombrait 17 255 élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), comparativement à 13 910 l’année précédente, nous indique des données du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. En tenant compte du nombre d’étudiants inscrits au collégial au début de l’année scolaire, près d’un élève sur dix se trouvait donc en difficulté.

Les sommes accordées pour soutenir ces étudiants se sont établies à 35,8 millions de dollars, soit une hausse de 12,4 % par rapport à l’année précédente.

Pour le porte-parole du Parti québécois en matière d’Enseignement supérieur, Alexandre Cloutier, la situation est devenue « hors de contrôle ». Il déplore l’insuffisance constante des budgets.

«Déjà en 2015, la Commission des droits de la personne avait sonné l’alarme sur la nécessité d’offrir les services appropriés. Et maintenant, avec pas assez d’argent, on en demande encore plus aux institutions.» - Alexandre Cloutier, porte-parole du Parti québécois en matière d’Enseignement supérieur

En janvier, la Fédération des cégeps appelait le gouvernement québécois à l’aide en vue du budget provincial. Comme quoi la situation ne fait que se détériorer, elle écrivait dans un mémoire prébudgétaire avoir « vu croître de façon fulgurante » les effectifs étudiants en difficulté, soit un bond de 5000 à 12 000 de 2010 à 2014.

Pour relever les nombreux défis, la Fédération estimait les besoins financiers des cégeps à 185 millions de dollars. Dans le budget, le gouvernement lui a seulement octroyé 41 millions de dollars supplémentaires pour cette année. Les sommes additionnelles doivent toutefois augmenter d’ici 2022 pour un total 746 millions.

Passage difficile du secondaire au cégep

Les enseignants dans les collèges semblent également noter une baisse généralisée des acquis des élèves qui arrivent de l’école secondaire. Selon un récent mémoire intitulé « Des priorités à revoir », la Fédération des enseignant(e)s de cégep évoquait la nécessité de favoriser l’offre de cours de mise à niveau.

«Compte tenu de l’hétérogénéité croissante de la population étudiante, nous avons en effet pu constater que les nouveaux admis arrivent au cégep avec des niveaux très variables et parfois même insuffisants.» - Extrait du mémoire « Des priorités à revoir » de la Fédération des enseignant(e)s de cégep

Le Cégep de Sainte-Foy, par exemple, en est présentement à documenter les difficultés des nouveaux élèves quant à certaines notions mathématiques. L’idée est de pouvoir mettre en place les mesures appropriées par la suite.

Les raisons derrière cette problématique doivent encore être éclaircies. De nombreux experts estiment cependant que le phénomène s’explique par l’insuffisance au primaire et au secondaire des services spécialisés (orthophonie, psychoéducation, etc.).

Un étudiant sur trois obtient son diplôme

Le taux de diplomation d’études collégiales demeure toujours très au stable dans la province.

Selon les dernières informations disponibles, 36 % des étudiants inscrits pour la première fois en 2012 étaient parvenus à obtenir leur diplôme dans les délais prévus, soit deux ans pour la formation préuniversitaire et trois ans pour la formation technique. En 2014, le taux atteignait les 64 %.

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