POLITIQUE
03/05/2017 03:47 EDT | Actualisé 03/05/2017 04:00 EDT

«La liberté d'expression, ce n'est pas de dire tout ce qui nous passe par la tête» - Pierre Moreau

«La liberté d'expression, ce n'est pas de dire tout ce qui nous passe par la tête.»

QUÉBEC – Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, a fustigé les journalistes qui « ne font pas bien leur travail » lors de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

En matinée, mercredi, M. Moreau s’en est pris aux journalistes qui font preuve d’acharnement à l’endroit du Parti libéral du Québec (PLQ) à son avis. « En médecine, on appelle ça de l’acharnement thérapeutique, a-t-il dit. C’est-à-dire qu’on beurre épais pas mal. »

Il réagissait aux nouvelles révélations du bureau d’enquête du Journal de Québec à propos de l’ex-directrice du financement du PLQ, Violette Trépanier, qui aidait les donateurs libéraux à obtenir des postes dans des conseils d’administration ou des cabinets politiques.

Invité à préciser ses propos, en après-midi, M. Moreau a ajouté qu’il a « beaucoup de respect » pour les « journalistes qui font bien leur travail ». Il a nié que ses attaques s’appliquaient seulement à ceux qui critiquent le PLQ.

« C’est très bon, la liberté de la presse, a-t-il dit. Je critique les journalistes qui ne font pas bien leur travail. La liberté de la presse, la liberté d’expression, ce n’est pas de dire tout ce qui nous passe par la tête. La liberté de la presse, ce n’est pas de bâcler son travail. »

«La virginité du nouveau Parti libéral»

Le chef de la CAQ, François Legault, s’est dit surpris de voir que Pierre Moreau s’en prenait aux journalistes qui révélaient des dossiers dans lesquels il y a eu trafic d’influence.

« Écoutez, quand on est rendu qu'on a une enquête de l'UPAC sur un ancien premier ministre, qu'on a toutes les révélations qu'on a vues sur Marc Bibeau puis Violette Trépanier, comment Pierre Moreau peut-il blâmer les journalistes de poser des questions? » s’est-il questionné.

Le chef de la CAQ a par la suite accusé M. Moreau de laisser les ministres élus après l’ère de Jean Charest monter au front pendant la période de questions et démontrer la « virginité du nouveau Parti libéral ».

Lorsqu’est venu le temps de défendre les actions passées du gouvernement libéral, c’est le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui s’est levé à de nombreuses reprises pour répondre aux partis d’opposition.

M. Coiteux estime que le PLQ a bien changé depuis l’époque de Mme Trépanier, notamment avec la création de l’Unité permanente anticorruption et les recommandations de la commission Charbonneau.

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