DIVERTISSEMENT
02/05/2017 05:43 EDT | Actualisé 02/05/2017 05:46 EDT

«Faits divers» à Radio-Canada : meurtres et mystères sur la Couronne Nord

Radio-Canada

La série s’intitule Faits divers, mais n’a absolument rien à voir avec Scoop, Les jeunes loups ou tout autre univers en lien avec les médias. Le nouveau projet annoncé par Radio-Canada mardi matin, écrit par Joanne Arseneau (Le clan, 19-2) et réalisé par Stéphane Lapointe (Tout sur moi, Mauvais karma, La théorie du KO, Lâcher prise, Les maîtres du suspense) relève plutôt du glauque drame policier à la Fargo, et d’un savant jeu de chats et souris entre enquêteurs et criminels. L’intrigue sera en fait «le» fait divers dont tout le monde parlera. Comme ceux qu’on lit avec autant d’effroi que de fascination dans Allo Police.

Ça tombe bien, le genre «meurtres et mystères» cartonne présentement chez nous comme ailleurs, comme en font foi la popularité desDistrict 31, Victor Lessard et autres Mensonges. Et, encore mieux, ce sont Sophie Deschênes et Sovimage, aussi derrière lesdits Mensonges, qui sont à la tête de Faits divers. Ça promet. Mais il faudra peut-être prendre notre mal en patience, car cette fiction-frissons ne nous sera présentée qu’à l’automne 2017 ou l’hiver 2018.

«Gentils» et «méchants»

Une distribution équilibrée, à la fois renommée, mais comprenant aussi quelques nouveaux visages, a commencé à s’activer lundi, alors que débutait le tournage des 10 épisodes de Faits divers. Les personnages sont divisés en deux clans : les agents chargés de faire triompher la paix et les bandits crapuleux.

D’un côté, la sage et rationnelle Constance Forest (Isabelle Blais), 37 ans, chef enquêteur du bureau régional de Mascouche, tient le fort. D’ailleurs, Faits divers a failli s’appeler Constance, a précisé l’auteure Joanne Arseneau.

Divorcée d’un ex-policier devenu corrompu, qui la fait encore tourner en bourrique avec ses magouilles, Constance est maman de trois enfants. Peu disponible pour sa progéniture en raison du boulot, elle peut compter sur le soutien de sa sœur et meilleure amie Zoé (Alexa-Jeanne Dubé), qui habite avec elle et lui donne un coup de main. Zoé est également en charge du motel mis sur pied par leur père, Serge (Guy Nadon), un homme sans envergure, alcoolique au tempérament imprévisible, qui néglige l’entreprise familiale depuis des années. Ce qui laisse présager que Constance n’est pas très chanceuse avec les hommes de sa vie.

Parmi les collègues de Constance, on retrouve, tenez-vous bien, quatre policières enceintes. Oui, quatre femmes en pleine grossesse, au même moment. Évitons tout de suite les blagues douteuses : non, ces futures mamans ne sont pas toutes cousines, non, elles n’ont pas toutes été engrossées par le même homme, et non, leur état n’est pas dû à une quelconque machination scientifique. C’est un concours de circonstances qui fera en sorte que les bedaines se cogneront les unes aux autres au poste. Reste à voir si Sophie (Mara Joly), P.Pineau (Daphnée Côté-Hallé), Nina Gomez (Emmanuelle Lussier-Martinez) et la procureure Nadia (Anna Beaupré) seront secouées de nausées et de montées d’hormones en même temps. En raison de leur situation, les quatre dames seront assignées à des tâches administratives sans danger.

Constance peut également compter sur l’aide précieuse de son bras droit, Jonas Auger (Maxime Mailloux). Puis, sommée  de travailler en collaboration avec la section des crimes majeurs de Montréal, notre héroïne s’alliera à Antoine Chevrier-Marseau (Fred-Éric Salvail) et son supérieur Frédérick Bérubé (Émile Proulx-Cloutier), lequel dirigera les investigations.

Voilà pour les «gentils». Du côté des «méchants», le panorama de personnalités s’avérera à la fois divertissant et inquiétant. Il y aura  entre autres Mike Pratt (Fabien Cloutier), un propriétaire de commerce de portes et fenêtres qui  provoquera un incendie dans sa grange pour toucher l’argent des assurances, sa comptable et maitresse, Marlène Charbonneau (Mylène Mackay), et le frère de cette dernière, Éric «La Bottine» Charbonneau (David Boutin). Marie-Ève Beaulieu, Jean-Antoine Charest, Louis Champagne, Patrick Hivon, Francis Lahaye, Jean-Pierre Bergeron et Guy Vaillancourt incarneront aussi tous des individus pas catholiques, des «losers sympathiques», dans ce suspense qui sera sûrement violent, mais sans exagération.

Paysage «bucolique»

L’image de départ de Faits divers a de quoi donner froid dans le dos. À St-Canut, dans les Laurentides, aux aurores, une voiture est renversée sur le côté, portes ouvertes, dans un champ boueux en bordure d’une ferme laitière. Tout près, deux corps assassinés, une banlieusarde et un fermier, reposent sur la terre gelée. Pour ajouter à ce «bucolique» paysage, une bête innocente renifle des bouchées prévues pour un cocktail dinatoire, échappées du véhicule dans l’assaut.

Que s’est-il passé? C’est cette horrible mise en scène qui servira de bougie d’allumage à une véritable saga meurtrière. Les recherches sur cette affaire s’étendront sur une saison et déboucheront sur quelques ramifications ; nos Columbo pourraient être emmenés sur la piste de deux grandes enquêtes. Mais il faudra voir pour comprendre!

La créatrice Joanne Arseneau compare Faits divers à son film La loi du cochon, que réalisait Érik Canuel au début des années 2000. Elle plaide en outre que sa nouvelle œuvre est un peu l’antithèse de CSI.

«C’a toujours été mon dada, les séries policières, a indiqué celle qui avait été approchée par la France en 2009 pour développer un concept à la Fargo, qu’elle a finalement mué en Faits divers. Je n’ai toujours fait que ça, je connais bien les policiers…»

Tous les soubresauts de Faits divers - qui, à l’écran, s’étireront sur moins d’un mois -, se déploieront dans le «terroir embrumé» de la Couronne Nord  de Montréal : Mascouche, Terrebonne, Laval, Sainte-Thérèse, etc. L’avertissement a été lancé à quelques reprises, mardi : ça sera tordu, et le «fait divers» d’origine dégénérera sérieusement. Des extraits ont déjà été filmés dans un motel, et il ne s’agissait pas «d’une partie de jambes en l’air», a rigolé la productrice Sophie Deschênes.

Pour l’instant, Radio-Canada table  sur une seule saison de Fait divers, mais il y aura possibilité de suite. Chose certaine, le drame principal se réglera à la fin des 10 épisodes, mais une porte sera sûrement laissée ouverte pour continuer, si la demande et l’inspiration y sont.

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