NOUVELLES
02/05/2017 01:08 EDT | Actualisé 02/05/2017 01:20 EDT

A Sotchi, Poutine rencontre Merkel pour une reprise du dialogue

La chancelière allemande Angela Merkel rencontre mardi le président russe Vladimir Poutine à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, pour sa première visite en Russie depuis 2015 annonçant une reprise de dialogue entre Berlin et Moscou.

Les pourparlers doivent débuter à 14H00 (11H00 GMT), avant une conférence de presse commune une heure plus tard, selon le Kremlin. Les deux dirigeants vont ensuite déjeuner ensemble.

Fervent soutien des sanctions européennes contre Moscou après l'annexion de la Crimée et en raison du rôle joué par la Russie dans le conflit de l'Est de l'Ukraine, Angela Merkel est aussi un interlocuteur privilégié de Vladimir Poutine dans le dossier ukrainien.

Il s'agit de sa première visite en Russie depuis son passage éclair à Moscou le 10 mai 2015, alors que les tensions entre la Russie et les Occidentaux étaient à leur comble en raison du conflit ukrainien. Mme Merkel avait alors boudé, comme la plupart des pays occidentaux, la parade militaire du 9 mai célébrant les 70 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie.

Depuis, Angela Merkel et Vladimir Poutine se sont rencontrés à plusieurs reprises lors de sommets avec les présidents ukrainien Petro Porochenko et français François Hollande pour trouver une solution au conflit ukrainien, dans l'impasse depuis la signature des accords de Minsk en février 2015.

Sous ce format dit "de Normandie", Mme Merkel et M. Poutine se sont également entretenus régulièrement par téléphone. Au cours du dernier entretien le 18 avril, "une déclaration commune des quatre participants a été possible, ce qui ne l'avait pas été depuis longtemps", a souligné vendredi le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert.

"Il y a deux thèmes qui pèsent sur la relation (entre les deux pays), d'abord l'annexion contraire au droit international de la Crimée et ensuite la déstabilisation de l'Ukraine orientale par des séparatistes prorusses", a-t-il rappelé.

Régulièrement accusée par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement et financièrement les rebelles séparatistes dans l'Est de l'Ukraine, Moscou a toujours démenti fermement.

"Il s'agit d'un contexte difficile, qu'on ne peut ignorer. Mais notre intention est de faire en sorte d'intégrer la Russie dans des accords constructifs", a affirmé le porte-parole allemand.

- 'Normalisation' -

Pour le Kremlin, la visite d'Angela Merkel sera l'occasion "de discuter de l'état actuel et des perspectives des relations bilatérales".

Début mars, Vladimir Poutine avait appelé à la "normalisation" des relations entre l'Allemagne et la Russie. La rencontre entre M. Poutine et Mme Merkel signifie que "la période de gel diplomatique arrive peut-être à sa fin" et envoie "un signal diplomatique fort" concernant la volonté des deux pays de reprendre le dialogue, a estimé la radio allemande Deutsche Welle.

En plus du dossier ukrainien, la visite de la chancelière allemande à Sotchi a notamment pour but de préparer le prochain sommet du G20 qui se tiendra les 7 et 8 juillet à Hambourg (Allemagne), a souligné auprès de l'AFP une source gouvernementale allemande.

Lors du G20, Vladimir Poutine devrait pour la première fois rencontrer le nouveau président américain Donald Trump, avec qui les relations se sont tendues à la suite du bombardement américain d'une base aérienne de l'armée syrienne, dont Moscou est le principal allié.

MM. Trump et Poutine doivent d'ailleurs s'entretenir au téléphone mardi soir, leur troisième conversation depuis l'arrivée à la Maison Blanche en janvier du milliardaire, qui a prôné lors de sa campagne électorale et au début de sa présidence un rapprochement avec la Russie qui tarde à se traduire en gestes.

Au lendemain de sa rencontre avec Mme Merkel, Vladimir Poutine recevra mercredi à Sotchi le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont les relations avec l'Allemagne se sont récemment envenimées.

Dans un regain d'activité diplomatique, la Russie a accueilli au mois d'avril le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini. Il s'agissait de leurs premières visites en Russie depuis leurs prises de fonctions respectives.

bur-all/pop/kat/at