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01/05/2017 16:30 EDT | Actualisé 01/05/2017 17:00 EDT

Venezuela: l'opposition rejette l'assemblée constituante de Maduro

L'opposition vénézuélienne a rejeté lundi la convocation par le président Nicolas Maduro d'une assemblée constituante, estimant qu'il s'agissait d'une poursuite du "coup d'Etat" mené selon elle contre le Parlement qu'elle contrôle.

"Maduro renforce le coup d'Etat et approfondit la grave crise" que connaît le Venezuela, a déclaré sur Twitter un des principaux dirigeants de l'opposition, Henrique Capriles, ancien candidat à l'élection présidentielle.

Le pouvoir veut "tuer la Constitution" avec cette initiative qui est une "fraude", a estimé M. Capriles, qui a appelé les partisans de l'opposition à "désobéir à une telle folie".

M. Maduro a annoncé lundi, devant une foule de ses partisans rassemblés dans le centre de Caracas à l'occasion de la Fête du travail du 1er mai, qu'il convoquait une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution qui remplacerait celle de 1999.

Il a précisé qu'il s'agirait d'une assemblée constituante "populaire, citoyenne, ouvrière" et qu'une partie de ses membres seraient élus par divers secteurs de la société, et que par exemple les minorités sexuelles ou les handicapés auraient leurs représentants.

"Le coup d'Etat continue. Ce qu'a convoqué Maduro n'est pas une constituante mais une 'prostituante'", a lancé un autre responsable de l'opposition, le parlementaire Henry Ramos Allup.

L'opposition, qui contrôle le Parlement depuis les élections législatives de décembre 2015, accuse le pouvoir de "coup d'Etat" depuis que le Tribunal suprême de justice (TSJ, Cour suprême) s'est arrogé les pouvoirs du Parlement et a supprimé l'immunité des députés.

Le TSJ a dû faire marche arrière quelques jours plus tard devant le tollé international suscité par ces mesures. Mais cette tentative pour neutraliser la seule institution tenue par l'opposition a déclenché une vague de manifestations au cours desquelles 28 personnes ont été tuées depuis le 1er avril.

Le président du Parlement, Julio Borges, a lui aussi appelé les Vénézuéliens à se révolter contre la nouvelle initiative de M. Maduro.

"C'est une escroquerie pour tromper le peuple avec un mécanisme qui n'est rien d'autre qu'une volonté d'aggraver le coup d'Etat et de chercher avec la Constitution à détruire la Constitution elle-même, la démocratie et le vote", a déclaré M. Borges au cours d'une conférence de presse.

"Nous appelons le peuple à se rebeller et à ne pas accepter ce coup d'Etat", a lancé le président du Parlement.

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