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01/05/2017 15:04 EDT

London pourrait opter pour l'implantation du vote préférentiel

London pourrait devenir la première ville ontarienne à adopter le vote préférentiel pour ses prochaines élections municipales, en octobre 2018. Les conseillers municipaux voteront lundi soir sur une proposition afin d'instaurer le nouveau système de vote.

Le vote préférentiel permet d'éviter que des candidats politiques soient élus avec moins de 50 % des voix.

Sur leur bulletin de vote, les électeurs sont invités à inscrire leurs candidats en ordre de préférence.

Lors du dépouillement, si un candidat obtient 50 % des voix, il est automatiquement élu.

Mais dans le cas où aucun candidat n'obtient une majorité absolue, le plus faible est éliminé et ses votes sont redistribués, jusqu'à ce qu'un candidat atteigne 50 % des votes.

On évite ainsi que le gagnant soit élu par seulement 20 % des voix par exemple.

Maureen Cassidy, conseillère municpale, est pour l'adoption de cette proposition.

Je pense que c'est bon pour la démocratie, je pense que c'est une meilleure indication de la volonté des gens.

Maureen Cassidy, conseillère municipale à London

La conseillère estime également que ce mode de scrutin permettrait d'éviter les attaques personnelles lors des campagnes.

Une minorité de conseillers seraient contre l'implantation du système aux prochaines élections, estimant que la Ville n'aura pas le temps de bien instaurer le système en si peu de temps.

Mme Cassidy indique que les conseillers ont reçu beaucoup de courriels de citoyens à propos de cette idée.

« Les citoyens qui sont contre l'idée n'ont qu'à mettre un seul nom sur leur bulletin de vote, rien ne les en empêche », souligne-t-elle.

La mesure coûterait 150 000 dollars supplémentaires au montant de 1,9 M $ déjà destinés à la tenue des élections de 2018.

Processus légitime, mais complexe

Pour le politologue de l'Université McMaster, Peter Graefe, le vote préférentiel accroît la légitimité démocratique des élus, mais il est aussi plus compliqué à instaurer.

Ça prend plus de temps à compter les votes parce qu'en fin de compte il faut faire, de temps à autre, une certaine redistribution des voix. On ne peut pas nécessairement le faire au bureau de scrutin

Peter Graefe, professeur de science politique à l'Université McMaster

Il ajoute qu'établir une liste de candidats par ordre de préférence peut être long ou compliquer pour certains électeurs.

Le vote préférentiel a déjà été utilisé dans certaines provinces de l'Ouest canadien comme le Manitoba, l'Alberta et la Colombie-Britannique entre les années 30 et 50.

Les conseillers municipaux de London ont jusqu'à minuit pour voter sur la proposition.