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01/05/2017 04:18 EDT | Actualisé 01/05/2017 04:40 EDT

France: Le Pen et Macron avec leurs partisans, des cortèges du 1er mai critiques

A six jours de l'issue de la présidentielle en France, le centriste Emmanuel Macron et sa rivale de l'extrême droite Marine Le Pen s'affrontaient par meetings interposés lundi alors que les défilés du 1er mai ont témoigné d'un rejet des deux finalistes.

Dans un discours virulent, Marine Le Pen a appelé les Français à "faire barrage à la finance, à l'arrogance, à l'argent roi", en accusant son rival d'être "le candidat du système" après avoir été banquier puis ministre du président socialiste François Hollande.

Avant ce meeting, des cadres du parti Front national ont déposé une gerbe au pied d'une statue de Jeanne d'Arc à Paris, célébrée pour "son amour de la nation" chaque 1er mai par ce parti anti-immigration et anti-Europe.

Au même moment, Emmanuel Macron, qui devait tenir meeting à la mi-journée, fleurissait une plaque en mémoire d'un jeune Marocain tué à Paris par des militants proches de l'extrême droite en 1995 en marge d'un rassemblement politique de Jean-Marie Le Pen, le père de Marine et cofondateur du parti en 1972.

Cherchant à se placer sur le terrain des "valeurs" qu'il entend incarner face à l'extrême droite, le centriste de 39 ans enchaîne les commémorations sur le thème de la lutte contre l'extrémisme et la "barbarie" de la Seconde Guerre mondiale.

L'écart se resserre entre les deux finalistes. M. Macron est désormais crédité de 59% des intentions de vote contre 41% pour Mme Le Pen, qui mène depuis plusieurs années une stratégie de banalisation de son parti à rebours de propos antisémites et xénophobes de son père.

Signe d'un changement d'époque, l'union syndicale pour battre l'extrême droite, qui prévalait en 2002 lors de la qualification au second tour de la présidentielle de Jean-Marie Le Pen, a volé en éclats.

Les syndicats sont aujourd'hui divisés sur les consignes de vote pour contrer l'extrême droite.

- La baguette en francs -

De Lille (nord) à Marseille (sud), plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre Marine Le Pen mais aussi contre le libéralisme d'Emmanuel Macron.

D'un côté, deux syndicats (CFDT et Unsa) ont appelé à voter pour le jeune centriste pro-européen le 7 mai. Ils ont rassemblé quelques centaines de manifestants à Paris.

De l'autre, trois organisations syndicales plus marquées à gauche (CGT, Solidaires et FSU) ont appelé à "faire barrage" à Marine Le Pen, sans pour autant inviter ouvertement à voter pour M. Macron. Un quatrième syndicat, Force ouvrière, s'est abstenu de toute consigne.

Si ces quatre organisations vont défiler ensemble, à partir de 12H30 GMT à Paris, pour en finir "avec les reculs sociaux qui font le terreau de l'extrême droite", elles pourraient être débordées en leur sein même.

Certaines sections de ces syndicats ont en effet appelé "à battre les deux candidats" et défileront sous une banderole différente: "Peste ou choléra: Front social, c'est dans la rue que ça se gagne".

Plusieurs centaines de manifestants se sont parallèlement rassemblés à Paris "contre le fascisme et le capitalisme", à l'appel d'organisations anarchistes. Une "marche noire" contre l'extrême droite doit par ailleurs se dérouler dans la journée.

Le 1er mai 2002, 1,3 million de personnes étaient descendues dans la rue à Paris et dans toute la France, à l'appel des syndicats, pour "faire barrage par leur vote à Jean-Marie Le Pen". Ce dernier avait été largement battu face à Jacques Chirac en ne récoltant que 18% des voix.

Dans une France en proie à une désindustrialisation et un chômage endémique de 10%, la candidate de l'extrême droite se présente comme la candidate "du peuple et des ouvriers".

Si elle est élue, dans "un an après très probablement" les Français paieront leur baguette "en francs", a promis son bras droit, Florian Philippot.

M. Macron a dénoncé dimanche "une convertie récente" à la cause "du peuple", estimant: "le peuple, elle l'utilise, ce qui est le propre des extrêmes, ce qui est le propre des vrais démagogues. Le peuple, elle s'en moque au fond".

Des scientifiques au monde de la culture, les appels à se mobiliser contre l'extrême-droite se sont multipliés. "Montrons au reste du monde ce que cela veut vraiment dire d'être Français: un peuple ouvert, courageux et fraternel", a lancé le plus international des cinéastes français, Luc Besson.

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