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01/05/2017 10:03 EDT | Actualisé 01/05/2017 11:04 EDT

Faubourg Contrecoeur: l'ex-maire Gérald Tremblay témoigne au procès pour fraude

MONTRÉAL — Selon l'ex-maire de Montréal Gérald Tremblay, son ancien bras droit Frank Zampino avait de l'ascendant sur de nombreux élus, a-t-il témoigné lundi au procès pour fraude et abus de confiance portant sur le controversé projet du Faubourg Contrecoeur.

Six personnes sont accusées dans cette affaire, dont M. Zampino, l'ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal.

M. Tremblay, qui se définit dorénavant comme un avocat à la retraite, a entrepris son témoignage lundi matin au palais de justice de Montréal, sous l'oeil du juge Yvan Poulin de la Cour du Québec.

Témoin appelé par la Couronne, il doit maintenant répondre en contre-interrogatoire aux questions des procureurs de tous les accusés.

En plus de M. Zampino, les accusés sont l'entrepreneur en construction Paolo Catania et quatre de ses employés.

D'une voix posée, l'ancien maire a qualifié l'accusé Zampino de «bras droit exceptionnel», avec une expérience plus que pertinente, notamment parce qu'il avait réussi à redresser les finances de Saint-Léonard lorsqu'il en était maire.

Il ne serait jamais allé à la mairie de Montréal sans l'appui de Zampino, a déclaré Gérald Tremblay.

Celui-ci a aussi relaté qu'il a demandé à son ancien chef de cabinet Martial Filion — l'un des accusés dans cette affaire, mais qui est décédé — de quitter son poste «à cause d'une incompatibilité», soit des problèmes d'alcool. M. Filion lui a alors demandé si c'était possible d'obtenir un poste dans la fonction publique municipale. Cette demande a été relayée à M. Zampino. Un poste lui a été trouvé à la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM).

Quant à Paolo Catania, M. Tremblay dit l'avoir croisé à quelques reprises, mais qu'il n'avait pas de relation «privilégiée» avec lui. Il affirme ne jamais lui avoir parlé de projets particuliers, ni de celui du Faubourg Contrecoeur.

L'affaire du Faubourg Contrecoeur est reliée à un projet immobilier sur un terrain de Montréal vendu par la Société d'habitation de Montréal (SHDM) à Construction Frank Catania en 2007.

Le groupe Catania avait acquis le terrain au coût de 19 millions $, facture qui avait été réduite de près de 15 millions $ apparemment pour des frais de décontamination.

La Couronne reproche aux accusés d'avoir mis en place un stratagème visant à favoriser l'entrepreneur pour ce projet ou d'y avoir participé.

Neuf personnes faisaient face à des accusations à l'origine, mais l'une d'elles, Martial Filion, l'ex-directeur général de la SHDM, est décédée, une autre a plaidé coupable et l'ex-collecteur de fonds d'Union Montréal, Bernard Trépanier, a vu son procès être dissocié de celui des six autres.