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01/05/2017 09:30 EDT

Erik Karlsson, un peu comme Bobby Orr

BILLET - La LNH nous a toujours donné des joueurs qui impressionnent par leur talent, leur grâce et la beauté de leurs actions.

Chacun a ses critères pour déterminer qui est le meilleur de tous les joueurs de la grande ligue. Le choix se fait parmi un groupe très sélect et les mêmes noms reviennent à chaque époque.

Dans les années 1980 et 1990, les grands comme Wayne Gretzky et Mario Lemieux se partageaient le titre dans l’opinion populaire. Gretzky remportait souvent la palme et avec raison.

Pendant une courte période de temps à la fin des années 1990 et au début des années 2000, les Joe Sakic, Peter Forsberg et Jaromir Jagr se partageaient le titre, mais aucun n’avait une avance claire sur les autres et il était difficile d’identifier le « vrai » champion.

Depuis le milieu des années 2000 jusqu'à aujourd'hui, Sidney Crosby et Alexander Ovechkin se font la lutte, mais il n’y a aucun doute que le 87 des Penguins est le meilleur de son époque sur le plan individuel, mais aussi collectif, comme en font foi ses deux coupes Stanley et ses deux médailles d’or aux Jeux olympiques.

Cette année, nous avons vu l'émergence d'une sensation, d’une supervedette en Connor McDavid. Mais dans son rétroviseur, et je dirais même plus dans son angle mort, il y a un certain Erik Karlsson.

Un talent brut

Quand on parle des meilleurs des années 1970, nous pensons immédiatement à Guy Lafleur, à Marcel Dionne et à Gilbert Perreault (le favori de mon père).

Mais quand je demande aux anciens de cette époque qui était le meilleur joueur, peu importe sa position, le nom de Bobby Orr est mentionné quatre fois sur cinq.

Ce n'est pas nécessairement le joueur qui marque le plus de buts ou qui obtient le plus de points qui fait nécessairement l'unanimité. Il s’agit plutôt d’une question de talent brut.

M. Orr a quand même remporté le championnat des marqueurs (Art-Ross) à deux reprises, soit en 1969-1970 et en 1974-1975. À sa meilleure saison (139 points en 1970-1971), il a remporté le trophée Lester B. Pearson, aujourd'hui appelé le Ted-Lindsay, remis au meilleur joueur de ligue, d’après un vote des joueurs.

Son palmarès est riche: huit trophées Norris, deux trophées Art-Ross et deux trophées Hart, entre autres.

Je doute qu'Erik Karlsson, un défenseur faut-il le rappeler, remporte le fameux Art-Ross avec McDavid dans les parages, mais le Hart est à portée de main. J'en suis convaincu.

Un autre trophée prestigieux l'attend, le plus significatif pour un joueur de la Ligue nationale à mon avis, parce que décerné par les pairs : le Ted-Lindsay, qu’a remporté Patrick Kane l’an dernier.

Ce qu'Erik Karlsson est capable de faire sur une patinoire tient presque de la fiction. J'ai rarement vu depuis Wayne Gretzky et Sidney Crosby un joueur se créer de l'espace, attirer les joueurs adverses pour libérer ses coéquipiers, ralentir le jeu, tirer dans des angles impossibles et marquer comme il le fait.

Bobby Orr le faisait sans doute, mais mes souvenirs de petit bonhomme me font défaut.

C'est de la pure magie.

Où sont les spectateurs?

Malgré cette magie, plus de 2000 bancs étaient vides au premier match à domicile des Sénateurs au Centre Canadian Tire contre les Rangers de New York au deuxième tour des séries. Mais que se passe-t-il avec les partisans d’Ottawa? Je suis perplexe!

Ils ont la chance de voir un joueur exceptionnel, qui se pointe une fois à chaque génération, durant 41 matchs en saison puis en séries et ils ne daignent même pas faire salle comble. Shame on you!

Les Sénateurs sont arrivés au 21e rang cette saison pour la moyenne de leurs assistances avec 16 744 spectateurs par match, soit 87,4 % de la pleine capacité du Centre Canadian Tire.

C'est quand même gênant de savoir qu'Erik Karlsson et son équipe attirent 10,3 % plus de spectateurs de plus sur les patinoires adverses (en pourcentage de la pleine capacité des amphithéâtres).

Les Sénateurs sont en train de causer une surprise face aux Rangers, en grande partie grâce à Jean-Gabriel Pageau et ses 4 buts ‪samedi soir‬, mais surtout grâce au leadership de leur capitaine, de son courage, de sa façon de jouer et de se comporter malgré une double fracture du talon. Il mène son équipe à tous les chapitres, comme dans la colonne des points.

Les Sénateurs et Erik ont besoin de vous, chers partisans!

La Ligue nationale et les « vrais » partisans de hockey ont besoin d'un gars comme toi, Erik. Pour cela je t'en remercie.

Aux résidents d'Ottawa : ne venez pas pleurer quand il prendra sa retraite et que vous serez en manque d'adrénaline.

Quand ce jour viendra, je me ferai un vilain plaisir de vous regarder droit dans les yeux et de vous dire: je vous l'avais dit.