POLITIQUE
01/05/2017 11:47 EDT | Actualisé 01/05/2017 11:48 EDT

Malgré ses efforts pour vivre en français, sa demande d'immigration est refusée

Radio-Canada

Un jeune mécanicien chinois de Montréal veut à tout prix vivre et travailler au Québec, mais sa demande d'immigration a été rejetée. Des centaines de candidats comme Xianqi Cheng ont vu leur demande refusée, car le ministère de l'Immigration dit qu'il y a des irrégularités dans les programmes d'études qu'ils ont suivis au Québec.

Un texte de Bahador Zabihiyan et d'Elias Abboud

Xianqi Cheng a quitté la Chine en 2014 avec un rêve en tête : s'installer au Québec, apprendre le français et devenir mécanicien. Il y a un an, il pensait avoir atteint son objectif. Il avait fini ses études en mécanique, réussi un cours de français et obtenu un emploi dans un garage de Pointe-aux-Trembles. Il ne lui manquait plus que le certificat de sélection du Québec pour s'établir définitivement ici.

« J'aime ici parce que j'ai un bon environnement », dit M. Cheng, qui n’a pas pris de vacances depuis deux ans, car il était trop occupé à étudier et à travailler.

Un programme d'immigration accéléré permet à ceux qui ont étudié au Québec et qui ont réussi un cours de français, comme Xianqi, d'être acceptés sur dossier, sans entrevue.

Mais en décembre dernier, le ministre de l'Éducation a nommé une vérificatrice après avoir constaté des irrégularités dans les programmes destinés aux étudiants étrangers, notamment ceux de la Commission scolaire English-Montreal, où M. Cheng a étudié. L'Unité permanente anticorruption (UPAC) a aussi ouvert une enquête dans cette affaire.

Conséquence : le ministère de l'Immigration a décidé de faire passer des entrevues orales aux candidats à l’immigration qui ont suivi ces cours. Après une entrevue, les fonctionnaires ont estimé que Xianqi ne parlait pas assez bien le français.

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Plus de 320 étudiants comme Xianqi ont reçu une lettre de rejet ou de refus. Dans des dizaines de cas, la lettre précise qu'ils ne pourront pas déposer de nouvelle demande avant cinq ans. Le jeune mécanicien reconnaît que son français laisse à désirer, mais il affirme multiplier les efforts pour l'améliorer. Il a notamment acheté une maison à Repentigny parce que la ville est à 92 % francophone.

«C'est pourquoi j'ai acheté une maison à Repentigny, parce que Repentigny est une ville où on parle français seulement.» - Xianqi Cheng

Au travail, c’est aussi en français que ça se passe pour Xianqi. Son superviseur Daniel Plante a redoublé d’efforts pour l'aider à mieux communiquer en français.

«On s'est mis en gang pour l'aider. C'est ça le but, qu'il devienne habitué à parler le français couramment.» -Daniel Plante, collègue de Xianqi Cheng

M. Plante s’est depuis lié d’amitié avec son collègue.

«Je le suis depuis qu’il est arrivé ici. Il a travaillé comme un acharné, 20 heures par semaine, il est allé à l’école entre-temps pour la mécanique, il n’a jamais été en retard. Il se fait remercier comme ça […] je suis déçu.» - Daniel Plante, collègue de Xianqi Cheng

M. Cheng espère que le ministère reviendra sur sa décision. Son visa arrive à échéance en 2019. D'ici là, il veut continuer à améliorer ses connaissances en mécanique et en français. Il espère un jour ouvrir son propre garage au Québec.

D'autres étudiants étrangers dans la même situation que M. Cheng ont décidé d'embaucher des avocats pour contester les refus.

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