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01/05/2017 04:00 EDT | Actualisé 01/05/2017 04:20 EDT

C1/Demies - La Juventus économiquement sans rivaux en Italie

Dominatrice en Italie sur le terrain avec cinq et bientôt six titres consécutifs, la Juventus Turin n'a pas non plus de rivaux au plan économique, malgré la présence en Serie A d'investisseurs chinois (Inter et AC Milan) ou américains (AS Rome).

L'artisan de la solidité financière de la "Juve" est son président Andrea Agnelli, fils d'Umberto Agnelli et neveu de l'"Avvocato" Gianni Agnelli, deux anciens présidents du club.

Agnelli a pris les commandes de la "Vieille dame" en 2010, trois ans après la remontée de la Juventus en Serie A. Sous son impulsion, le chiffre d'affaires du club a plus que doublé entre 2010-2011 et 2015-2016, passant de 156 à 350 millions d'euros, selon les estimations de la Gazzetta dello Sport en août dernier.

En 2010, le club turinois était pourtant nettement en retrait par rapport aux deux de Milan (228 M EUR pour l'AC Milan et 217 M EUR pour l'Inter) et à peu près à la même hauteur que l'AS Rome.

Mais en cinq ans, les Bianconeri ont creusé un gouffre entre eux et leurs poursuivants, le Milan et la Roma affichant 220 millions d'euros de chiffre d'affaires, alors que l'Inter est descendue à 185 M EUR.

L'un des premiers éléments d'explication de cette réussite est bien sûr le stade. Dans un pays où la plupart des enceintes sont vétustes et à moitié vides, le Juventus Stadium, inauguré en 2011 et propriété à 100% du club, est une grande réussite.

Moderne et bien conçu, il ne compte que 41.000 places mais il est plein à chaque match. Autour du stade, ont déjà été installés un musée et une clinique, le "J Medical".

- l'effet C1 -

Ce J qui figure aussi sur le nouveau logo dévoilé en janvier 2017 illustre le gros travail effectué par la Juventus sur l'image de marque, le merchandising et les licences.

Mais le développement économique se fait forcément en parallèle avec la réussite sportive et c'est par ses qualifications systématiques en Ligue des champions que la "Vieille dame" crée l'écart.

A l'image du Bayern Munich en Allemagne, la Juventus se veut désormais un club à l'ambition plus européenne que domestique. Avec une finale en 2015 et au moins une demi-finale cette saison, les rentrées d'argent liées à la C1 sont considérables: environ 170 millions d'euros entre 2014 et 2016, et encore près de 100 millions d'euros cette saison.

Au total, l'importance de son chiffre d'affaires donne au club turinois une capacité d'investissement aujourd'hui sans égale, qui lui a notamment permis l'été dernier de recruter Higuain et Pjanic pour plus de 120 millions d'euros.

La donne pourrait changer avec l'arrivée d'investisseurs chinois à l'Inter Milan et à l'AC Milan, mais ils vont d'abord devoir apprendre à dépenser mieux plutôt qu'à dépenser plus.

Car alors que l'Inter aligne les transferts à 20 millions d'euros ou plus sans grand résultat sportif (Gabigol, Kondogbia, Joao Maria...), la Juventus et son directeur sportif Giuseppe Marotta se trompent peu.

Le duo Paul Pogba-Kingsley Coman n'a ainsi même pas coûté un million d'euros à la Juve. Ils ont été revendus 130 millions d'euros. Tant que le club turinois sera aussi habile sur le mercato, il sera intouchable.

stt/ah