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29/04/2017 08:51 EDT | Actualisé 29/04/2017 09:20 EDT

Donald Trump célèbre avec sa base les 100 jours d'une présidence controversée

Donald Trump s'apprête à retrouver samedi ses plus fervents partisans lors d'un rassemblement en Pennsylvanie aux allures de meeting de campagne, pour célébrer les 100 premiers jours d'une présidence marquée par de nombreux revers.

"Les 100 premiers jours de mon administration ont tout simplement été les plus couronnés de succès de toute l'histoire" des Etats-Unis, a déclaré M. Trump dans un message vidéo diffusé par la Maison Blanche.

"Je pense que personne n'a fait ce que nous avons été capables de réaliser en 100 jours, nous sommes très heureux", a-t-il déclaré.

Mais le 45e président des Etats-Unis, dont l'élection surprise a stupéfié la planète, peine à concrétiser ses promesses de campagne.

Notamment la plus emblématique: abroger et remplacer "Obamacare", la loi sur l'assurance santé de son prédécesseur. Cette promesse s'est heurtée aux divisions de sa majorité républicaine au Congrès.

Le financement d'un mur frontalier avec le Mexique, autre leitmotiv de campagne, a dû être retiré cette semaine du projet de loi de finances pour éviter une crise budgétaire.

Quant à sa grande réforme fiscale, dévoilée à la hâte cette semaine pour redorer le bilan symbolique des 100 jours et présentée comme "probablement la plus grande baisse d'impôts de l'histoire", elle a été largement perçue comme un cadeau de plusieurs milliards de dollars aux riches, qui ne fera qu'alourdir la dette du pays.

Depuis son entrée à la Maison Blanche, il a signé des dizaines de décrets pour renverser les mesures de la présidence Barack Obama sur l'industrie ou l'environnement. Des efforts salués par les républicains.

Mais son décret le plus retentissant, visant à interdire l'entrée de ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane, a été bloqué deux fois par la justice.

- Rhétorique de campagne -

Comme pour échapper aux pressions du Bureau ovale, le milliardaire républicain a prévu de retrouver samedi soir ses partisans à Harrisburg, en Pennsylvanie, l'un des Etats qui lui a permis de l'emporter en novembre.

Il a tweeté samedi y attendre une "grande foule" et une "grande énergie".

Une façon d'oublier, temporairement, les critiques.

Symbolique aussi car, au même moment, se tiendra à Washington le dîner de l'Association des correspondants de la Maison Blanche. Un rendez-vous traditionnel pour les présidents américains qu'il a décidé de bouder, s'estimant maltraité par les médias.

A ce stade de la présidence, M. Trump est le président américain le moins populaire de l'histoire moderne dans les sondages.

L'opposition démocrate, elle, jubile et décrit le début de son mandat comme un désastre et une période d'instabilité grandissante.

"Budget: F. Création d'emplois: F. Assécher le marigot: F. Santé: F", a lancé vendredi la chef démocrate à la Chambre des représentants Nancy Pelosi, donnant la plus mauvaise note à la politique de Trump.

Les républicains se félicitent de leur côté d'une victoire: la nomination du juge conservateur Neil Gorsuch à la Cour suprême.

- Signaux inquiétants -

Cette dichotomie était également présente dans les médias américains samedi. Sur son site, la chaîne conservatrice Fox News titre sur les "100 jours de chahut: comment Trump a réécrit le manuel de la présidence tandis que les démocrates tentent de saboter ses plans".

La plupart des médias s'accordaient à l'inverse sur son bilan pauvre.

"Gouverner, pour l'instant, s'est révélé plus au-delà des capacités de M. Trump. Il ne savait pas grand chose en prenant le job de président", a tranché le New York Times dans un éditorial.

Quelques signaux viennent par ailleurs ternir l'enthousiasme dans le camp présidentiel. A commencer par l'annonce vendredi du chiffre de la croissance au premier trimestre, le plus médiocre depuis trois ans.

S'ajoute aussi le dossier syrien dans lequel Donald Trump a fait volte-face et bombardé l'armée syrienne après avoir un temps envisagé une coopération avec Damas, soutenu par la Russie, pour lutter contre l'Etat islamique.

La Maison Blanche doit également faire face à une poussée de fièvre avec la Corée du Nord. Donald Trump a averti jeudi d'un possible "conflit majeur" avec Pyongyang.

Restent aussi les accusations d'ingérence russe pendant la campagne, qui empoisonnent sa présidence. Le Congrès et le FBI ont lancé des enquêtes distinctes sur d'éventuelles collusions entre l'entourage du milliardaire et des responsables russes, démenties par le président américain.

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