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28/04/2017 10:38 EDT | Actualisé 28/04/2017 16:54 EDT

Une grève paralyse les transports en commun au Brésil

SAO PAULO — Les transports en commun ont été essentiellement paralysés à travers le Brésil, vendredi, quand des manifestants ont bloqué des routes et affronté la police dans le cadre d'une grève générale pour dénoncer des modifications proposées aux lois du travail et au régime de retraite.

L'administration du président Michel Temer fait valoir que des lois plus flexibles aideront à relancer une économie qui périclite et prévient que le régime de retraite est condamné à la faillite sans des modifications.

Les syndicalistes et d'autres détracteurs des mesures affirment qu'elles rendront les travailleurs trop vulnérables et qu'elles les priveront de trop d'avantages.

Dans la plus grande ville du pays, Sao Paulo, seulement une ligne de métro sur six circulait au sommet de l'heure de pointe matinale, et tous les autobus sont restés au garage. Deux autres lignes de métro sont partiellement entrées en service un peu plus tard. Les autobus n'offraient qu'un service partiel à Rio de Janeiro.

Les manifestants ont érigé des barrages dans les deux villes. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour déloger les manifestants qui bloquaient l'accès au plus petit des deux aéroports de Sao Paulo, Congonhas. Des sans-abri et des manifestants ont aussi bloqué l'accès à l'autre aéroport, Guarulhos, mais les deux sont demeurés ouverts.

Toujours à Sao Paulo, des manifestants qui agitaient des écriteaux anti-Temer n'ont laissé d'une seule voie ouverte sur une grande autoroute.

Des manifestants ont semé la confusion à l'aéroport de Santos Dumont, à Rio, quand ils sont entrés en courant dans la gare et qu'ils ont renversé les séparations aux comptoirs d'enregistrement. Des manifestants qui bloquaient une route ailleurs à Rio se sont chamaillés avec la police.

À Brasilia, capitale du pays, le métro a été fermé pendant toute la journée.

Le Brésil est coincé dans une récession profonde et plusieurs Brésiliens en ont assez du gouvernement Temer. Le taux de chômage est si élevé que plusieurs refusent toute réduction de leurs avantages sociaux.

D'ailleurs, l'Institut brésilienne de la statistique a annoncé, vendredi, que le taux de chômage est passé de 12 à 13,7 pour cent au cours du premier trimestre.

Selon un syndicat, la Centrale unique des travailleurs (CUT), environ 35 millions de Brésiliens ne sont pas allés travailler vendredi, soit plus du tiers de la population active.

De son côté, le gouvernement a nié l'impact de la grève, affirmant que les Brésiliens étaient au travail.

«Nous ne vivons pas une grève, mais plutôt plusieurs émeutes», a déclaré le ministre de la Justice sur les ondes d'une radio.

«Ce n'est pas une grève générale, car les entreprises fonctionnent», a indiqué Osmar Serraglio.

De nombreux bureaux de poste et plusieurs banques étaient fermés. Des travailleurs du secteur pétrolier et des mineurs ont quitté leur lieu de travail ou n'ont pu s'y rendre faute de transport en commun.