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28/04/2017 07:58 EDT | Actualisé 28/04/2017 16:58 EDT

Trump veut maintenant que les Sud-Coréens paient pour le bouclier antimissile

Le président américain, Donald Trump, a provoqué une commotion d'un milliard de dollars en Corée du Sud lorsqu'il a déclaré à l'agence Reuters que Séoul devrait payer pour le système antimissile que les Américains assemblent présentement sur le territoire sud-coréen.

Alors que les premiers éléments du système américain de défense aérienne en haute altitude - Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) - sont déjà arrivés en sol sud-coréen, M. Trump a évoqué la possibilité de le faire payer par la Séoul.

« J'ai informé la Corée du Sud qu'il serait approprié qu'ils payent. C'est un système à un milliard de dollars », a déclaré M. Trump à l'agence Reuters: « C'est phénoménal, ça détruit des missiles directement dans le ciel ».

Le ministère coréen de la Défense a répliqué, par voie de communiqué, que l'entente voulant que Washington paie pour le système était toujours en vigueur.

« Il n'y a pas de changement dans cette position de base », a dit le ministère.

Un ancien responsable du Département d’État américain a indiqué que les États-Unis n’étaient de toute façon pas intéressés à vendre cette technologie à la Corée du Sud.

« Nous voulons garder le système antimissile dans notre arsenal tout comme les autres systèmes de défense déployés dans la péninsule coréenne, a-t-il déclaré à Reuters. Nous avons le droit de redéployer ces systèmes. »

Un pacte défensif

Un traité de sécurité lie Washington et Séoul depuis la guerre de Corée (1950-1953). En vertu de cet accord, 28 000 soldats américains sont notamment stationnés sur le territoire sud-coréen.

L’entente entre la Corée du Sud et les États-Unis prévoit l’installation d’un système antimissile, à 250 kilomètres au sud de Séoul. La Corée du Sud doit fournir le terrain et les infrastructures pour l’installation du système antimissile et les États-Unis paient pour le matériel et l’assemblage du système antimissile.

Le THAAD doit protéger la Corée du Sud contre son voisin nord-coréen dont les tirs de missiles inquiètent les citoyens de la région. La tension a monté dans la région depuis que Pyongyang a multiplié les lancements de missiles.

Washington a haussé le ton face à Pyongyang en avertissant que l’option militaire était désormais sur la table.

La colère de la Chine

Le traité de sécurité permet aux États-Unis de compter sur des troupes et un système antimissile dans une région sensible pour le puissant voisin de la Corée du Sud : la Chine. Cette dernière voit d’un mauvais œil l’installation d’un tel système à ses portes. Pékin craint que les puissants radars qui accompagne ce système antimissile ne serve à espionner son territoire et ses installations.

La Chine a d’ailleurs exercé des représailles économiques contre Séoul en interdisant aux groupes de touristes chinois de débarquer en Corée du Sud. Le nombre de touristes chinois a chuté de 40 % en Corée du Sud, en mars.

Les Sud-Coréens sont ainsi divisés sur la question du déploiement du système antimissile américain. Seulement 51,8 % des citoyens sont favorables au déploiement du système sur son territoire, selon un sondage de Korea Research mené en mars dernier.

Dans son entretien avec Reuters, M. Trump a également déclaré son intention de renégocier le traité de libre-échange conclu avec Séoul en 2012 ou de tout simplement y mettre un terme. Évoqué en campagne électorale, le thème avait été délaissé par M. Trump qui l’a toutefois remis à l’ordre du jour. « C'est inacceptable, c'est un accord horrible conclu par Hillary [Clinton] », a-t-il déclaré à Reuters.