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28/04/2017 00:36 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:00 EDT

Sursis pour un dissident chinois après un procès secret

La justice chinoise a infligé une peine de trois ans et demi de prison avec sursis à un avocat spécialisé dans la défense des droits de l'Homme, au terme d'un procès à huis clos organisé secrètement.

L'avocat Li Heping a été reconnu coupable de "subversion", a annoncé vendredi la deuxième cour intermédiaire de la ville de Tianjin (nord) dans un avis diffusé sur son réseau social. L'accusé, dont le procès s'est tenu mardi, ne fera pas appel, selon la même source.

"L'affaire étant liée à des secrets d'Etat, le procès n'était pas ouvert au public", a justifié la cour, sans révéler les faits reprochés au dissident.

Li Heping, connu pour sa défense du dissident aveugle Chen Guangcheng, exilé en 2012 aux Etats-Unis, avait été arrêté en juillet 2015 avec environ 200 autres avocats ou militants des droits de l'Homme interpellés dans l'ensemble du pays. Six d'entre eux ont été condamnés depuis à des peines allant jusqu'à sept ans et demi de prison ferme.

Le sursis accordé à Li Heping signifie qu'il devrait pouvoir sortir de prison tout en restant sous étroite surveillance de la police. Mais le secret qui a entouré son procès inquiète les organisations de défense des droits de l'Homme.

"Je n'ai pas été informée de la tenue du procès. En fait, je n'ai même pas pu parler à mon mari depuis son arrestation", a déclaré à l'AFP l'épouse du dissident, Wang Qiaoling.

La loi stipule que la famille et les avocats d'un accusé doivent être prévenus de la tenue d'un procès au moins trois jours à l'avance. Lors des procès des autres dissidents condamnés l'an dernier, les tribunaux avaient annoncé les audiences à l'avance, mais parfois de seulement quelques heures.

"Le fait que le procès ait été secret montre que les accusations portées contre Li Heping sont sans fondement", a déclaré à l'AFP Patrick Poon, d'Amnesty international.

"Le traitement de Li Heping par la Chine a été scandaleux du début jusqu'à la fin", a estimé Maya Wang, de l'association Human Rights Watch. "Il a été gardé au secret pendant près de deux ans et puis jugé à huis clos. Un gouvernement qui ignore totalement ses propres procédures judiciaires tout en disant défendre l'état de droit n'a aucune crédibilité".

Un autre avocat arrêté en juillet 2015, Xie Yang, aurait dû être jugé mardi à Changsha (centre), mais son procès a été reporté sans explications.

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