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28/04/2017 07:43 EDT | Actualisé 28/04/2017 08:00 EDT

Oléoduc Dakota: Greenpeace s'invite à l'assemblée générale de Credit Suisse

Des militants de Greenpeace ont déroulé vendredi une banderole à Zurich pour protester contre le financement d'un oléoduc controversé aux États-Unis, lors de l'assemblée générale des actionnaires de Credit Suisse, le numéro deux du secteur bancaire helvétique.

Alors que le directeur général de la banque venait tout juste de commencer son discours, des militants suspendus à des cordes ont déroulé une banderole jaune marquée de l'inscription "Stop Dirty Pipeline Deals" (Stop aux contrats pourris sur le pipeline), masquant l'écran géant sur lequel la banque détaillait ses chiffres pour ses comptes 2016.

"Je vous remercie de votre intérêt pour ma présentation", a réagi non sans une pointe d'humour le franco-ivoirien Tidjane Thiam, patron de la banque depuis l'été 2015, qui a d'abord poursuivi son discours, imperturbable, avant de s'interrompre pour leur demander poliment de remonter la banderole afin que les actionnaires puissent découvrir les colonnes de chiffres présentées à l'écran.

"On m'avait dit que la Suisse était un pays de montagnes paisibles. C'est un peu plus que ce à quoi je m'attendais", a ajouté avec flegme l'ancien patron de l'assureur britannique Prudential.

Greenpeace reproche à la banque de financer la construction d'un pipeline controversé au Dakota du Nord, relancée par le président Donald Trump, malgré l'opposition d'Amérindiens qui veulent protéger des sites sacrés.

Les militants avaient également installé un faux oléoduc en acier d'une dizaine de mètres de long et pesant plus de 900 kilos dans l'entrée du bâtiment où étaient réunis les actionnaires.

Pendant l'assemblée, une des représentantes de Greenpeace a reconnu devant le conseil d'administration que la banque n'avait jamais été impliquée directement dans le financement du projet. Elle a toutefois reproché au Credit Suisse d'avoir contribué à organiser des prêts aux entreprises liées au projet, en contrevenant, selon Greenpeace, aux règles de la banque qui lui interdisent de participer à des opérations avec des clients qui enfreignent les droits de l'Homme et des populations indigènes.

Cet oléoduc risque entre autres de perturber fortement les accès à l'eau potable, a expliqué la militante, avant de remettre une bouteille d'eau à Urs Rohner, le président du conseil d'administration.

"Ce que je retiens de votre discours est que vous ne dites plus, comme vous l'avez fait par le passé, que Credit Suisse ait jamais financé aucune partie de l'oléoduc Dakota Access", a répondu M. Rohner, qui est également président de Credit Suisse.

Face aux critiques dans les médias suisses, la banque avait dit vouloir mener un dialogue constructif tout en insistant sur le fait que les discussions devaient être menées sur une base objective, affirmant notamment qu'elle n'était pas impliquée directement dans le projet.

Début avril, la banque a notamment rencontré à Zurich des représentants de la Réserve indienne de Standing Rock, dans le Dakota du Nord.

noo/gca/lpt

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