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28/04/2017 01:53 EDT | Actualisé 28/04/2017 02:20 EDT

Le président de l'APCE mis à l'écart après son voyage en Syrie

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a annoncé vendredi avoir décidé de retirer sa confiance à son président, l'Espagnol Pedro Agramunt, et de le priver de ses prérogatives après sa rencontre avec Bachar al-Assad à Damas.

M. Agramunt, élu à la tête de cette instance de concertation en janvier 2016, reste en droit président jusqu'à la fin de son mandat en décembre - car "il refuse de démissionner" et que l'Assemblée n'a pas le pouvoir de le destituer, précise l'APCE dans un communiqué.

Toutefois il ne pourra plus se prévaloir de sa qualité de président de l'APCE dans ses voyages officiels ou ses déclarations publiques, a décidé le Bureau de l'Assemblée - qui réunit les présidents de groupes politiques, de commissions thématiques et les 20 vice-présidents.

M. Agramunt, qui n'est plus réapparu dans l'hémicycle de l'Assemblée strasbourgeoise depuis mardi, n'a pas pris part à cette réunion du bureau.

Cette mise à l'écart était nécessaire, car "les normes et principes de l'Assemblée parlementaire sont plus importants que quelques membre que ce soit, et l'intégrité de notre Assemblée doit être préservée", a expliqué l'un des vice-présidents de l'APCE, le Britannique Roger Gale.

Ces soubresauts sont inédits dans la longue histoire de cette institution, qui permet à 324 parlementaires issus de 47 pays d'Europe de se réunir quatre semaines par an à Strasbourg, pour débattre de défense des droits de l'homme, de promotion de l'Etat de droit et de la lutte contre la corruption.

Dès l'ouverture de la session plénière de printemps de l'Assemblée, lundi matin, de nombreux élus avaient reproché à M. Agramunt, souvent en des termes très vifs, de s'être rendu à Damas en mars - dans un avion mis à disposition par le gouvernement russe - et de s'y être affiché avec le président Bachar-al-Assad.

Le sénateur espagnol a présenté ses excuses, puis expliqué, lors d'une "audition" entièrement consacrée mardi à cette polémique, qu'il avait été "manipulé" par les médias russes ayant rapporté sa rencontre avec le président syrien. Mais il n'a pas convaincu ses pairs.

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