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28/04/2017 09:30 EDT | Actualisé 28/04/2017 10:00 EDT

Le Brésil en grève générale contre l'austérité, transports perturbés

Les transports étaient fortement perturbés vendredi dans plusieurs villes brésiliennes, alors que la grève générale contre les mesures d'austérité du président conservateur Michel Temer a été émaillée par des affrontements entre policiers et manifestants bloquant des routes.

Dans la capitale financière Sao Paulo la situation était particulièrement chaotique.

Dès les premières heures de la journée, des manifestants bloquaient d'importantes artères de circulation en brûlant des pneus au milieu de la voie, provoquant de nombreux embouteillages.

La police a utilisé du gaz lacrymogène pour les disperser et libérer les voies, alors que métros, bus et trains de banlieue étaient à l'arrêt.

De nombreuses manifestations étaient prévues dans l'après-midi, pour protester notamment contre la réforme des retraites et la flexibilisation du travail que le gouvernement juge nécessaires pour sortir le pays de la pire récession de son histoire.

Les derniers chiffres du chômage, publiés vendredi, font état d'un taux record de 13,7% entre janvier et mars, avec plus de 14,2 millions personnes à la recherche d'un emploi.

Autre indice que la situation n'est pas prête de s'améliorer: le déficit budgétaire du Brésil a atteint 11 milliards de réais (près de 3,5 milliards de dollars) pour le mois de mars, le pire résultat pour cette époque de l'année depuis la début de la série statistique, en 2001.

- Routes bloquées -

Alors que les mauvaises nouvelles s'enchaînent pour le gouvernement, des images de routes bloquées par les manifestants passaient en boucle sur les télévisions brésiliennes.

À Rio de Janeiro, un pont qui relie la ville à de nombreuses communes situées de l'autre côté de la baie a été bloqué pendant plusieurs heures, mais la circulation a été rétablie. Les transports en commun n'ont été que faiblement perturbés.

L'accès à la gare routière de Rio a été bloqué et la police a lancé des grenades de gaz lacrymogène pour le libérer.

Un porte-parole de l'Agence nationale d'aviation a indiqué à l'AFP que "les aéroports fonctionnaient normalement", même si plusieurs vols ont été annulés à l'aéroport domestique de Sao Paulo.

En plus des problèmes de transports, la plupart des écoles ont fermé leurs portes dans tout le pays, ainsi que les bureaux de postes et un grand nombre de banques.

"Temer ne gouverne pas. C'est la classe ouvrière qui gouverne", a publié sur son site la Centrale unique des travailleurs (CUT), un des principaux syndicats du pays.

Confronté à une crise économique sans précédent, le gouvernement mise sur des réformes particulièrement impopulaires en cours d'analyse par le parlement, notamment celle prévoyant le recul de l'âge de départ à la retraite de 60 à 65 ans pour les hommes et de 55 à 62 ans pour les femmes.

"Nous ne pouvons plus nous taire alors qu'un gouvernement illégitime, qui n'a pas été élu, est en train de démanteler les droits des travailleurs brésiliens", a affirmé Ricardo Jacques, employé de banque en grève à Sao Paulo.

- 'Grève apparente' -

M. Temer, dont la cote de popularité n'était qu'à 10% fin mars, a remplacé en 2016 la présidente de gauche Dilma Rousseff, destituée pour maquillage des comptes publics.

Le gouvernement tentait vendredi de désamorcer la crise en affirmant que la grève générale n'avait rencontré qu'un succès partiel.

"Ils empêchent les gens de se rendre au travail. Cela montre que la grève n'existe pas vraiment, c'est plutôt une grève apparente de syndicats perturbés par les décisions du Parlement", a affirmé le ministre de la Justice Osmar Serraglio à la radio CBN.

Une vision partagée par une partie de la population. "Comme ils n'ont pas obtenu l'adhésion massive pour leur grève générale, ils brûlent quelques pneus par endroits pour bloquer la circulation et semer la confusion", commentait ainsi Marcelo Faisal, architecte dont le voyage de Sao Paulo à Rio a été perturbé vendredi matin, estimant "les réformes nécessaires".

Dans la capitale Brasilia, où bus et métros étaient à l'arrêt, les forces de l'ordre ont déployé un dispositif de sécurité conséquent en prévision des manifestations.

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