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28/04/2017 05:46 EDT | Actualisé 28/04/2017 06:20 EDT

La Hongrie achève son second rideau anti-migrants à la frontière serbe

La Hongrie a annoncé vendredi avoir achevé la construction d'une seconde clôture anti-migrants sur le tracé de sa frontière serbe, parallèlement aux barbelés mis en place en 2015 alors que le pays se trouvait sur un axe majeur de transit vers l'Europe occidentale.

Le nouveau dispositif, équipé de caméras thermiques et d'alarmes, est destiné à rendre la frontière plus étanche encore à toute entrée clandestine, a souligné le gouvernement du Premier ministre souverainiste Viktor Orban.

"La protection des frontières hongroises est désormais plus forte que jamais", a déclaré Karoly Kontrat, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, lors d'un point-presse.

L'achèvement de cette second clôture, dont le coût a été chiffré à 15 millions d'euros, intervient alors que Budapest estime devoir faire face à une pression migratoire accrue avec le retour des beaux jours.

"A l'approche de l'été, de plus en plus de migrants se mettent en route", a estimé M. Kontrat.

Le flux de réfugiés s'est nettement réduit depuis la conclusion d'un accord migratoire entre l'Union européenne et la Turquie en mars 2016. Mais une rupture de cet accord, fragilisé par les tensions entre l'Europe et Ankara, aurait des "conséquences sans précédent", a prévenu M. Kontrat.

Ouvertement hostile à l'accueil de réfugiés, M. Orban avait fait ériger une clôture de barbelés sur les 175 km de la frontière hungaro-serbe durant l'été 2015, puis sur la majeure partie de la frontière hungaro-croate.

Lors de la grande vague de 2015, quelque 400.000 migrants venant du Proche et du Moyen-Orient avaient transité par la Hongrie, avant dans leur immense majorité de continuer leur route vers l'ouest de l'Europe.

Depuis le début de l'année 2017, seules 165 personnes ont franchi "illégalement" la frontière hongroise, selon les autorités. "En défendant ses frontières, la Hongrie défend aussi l'Espace Schengen", a souligné M. Kontrat.

Depuis mars, les migrants désirant déposer une demande d'asile en Hongrie ne peuvent le faire que dans deux zones de transit à la frontière serbe, d'où l'accès au reste du pays leur est interdit. Cette législation a été vivement critiquée par des ONG et le Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR).

Régulièrement épinglé pour ses penchants autoritaires, M. Orban s'est fait rappeler à l'ordre cette semaine par la Commission européenne et par le Conseil de l'Europe pour ses initiatives visant à accroître le contrôle sur les universités étrangères et les ONG.

Ces mesures ciblent en particulier des institutions financées par le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros, que M. Orban a qualifié vendredi d'"ennemi public".

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