NOUVELLES
27/04/2017 07:13 EDT | Actualisé 27/04/2017 07:13 EDT

Voyager dans le temps? C'est possible, selon ce chercheur

UBC

Grâce à de savants calculs, un chercheur de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) a mis au point une formule mathématique pouvant servir à concevoir une machine à voyager dans le temps.

Spécialiste de la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein, Ben Tippett, professeur de mathématiques et de physique, dédie son temps de recherche à l’étude des trous noirs et de la science-fiction.

« Les gens voient les voyages dans le temps comme quelque chose qui relève de la fiction. On a tendance à penser que ce n’est pas possible, parce qu’on ne le fait pas actuellement. Mais mathématiquement, c’est possible », assure-t-il.

Einstein comme point de départ

Depuis la publication de l’ouvrage Time Machine de H.G. Wells en 1885, les scientifiques comme les lambda se passionnent pour la question du voyage dans le temps. En 1915, Albert Einstein dévoila sa théorie de la relativité générale, affirmant que les champs de gravitationnels sont causés par des distorsions ou des courbures dans la fabrique du temps et de l’espace.

Plus de 100 ans plus tard, cette théorie n’a toujours pas été démentie, elle a même été confirmée par le LIGO Scientific Collaboration – une équipe internationale composée d’instituts de physique et de groupes de recherche. Le LIGO a annoncé la détection de vagues gravitationnelles générée par la collision de trous noirs se trouvant à des milliards d’années-lumière de distance.

Temps et espace, des dimensions indissociables

La division de l’espace en trois dimensions et du temps en une dimension à part est incorrecte, estime Ben Tippett. Les quatre dimensions doivent, selon lui, être prises en compte simultanément comme un continuum espace-temps. S’appuyant sur la théorie d’Einstein, le chercheur explique que la courbure de l’espace-temps correspond à la forme incurvée des orbites de planètes.

Dans un espace-temps « plat » ou sans courbures, les planètes et les étoiles se déplaceraient en ligne droite. À proximité d’une large étoile, la géométrie de l’espace-temps se courbe et les trajectoires droites des planètes des alentours suivent la courbure autour de l’étoile.

« Il existe des preuves selon lesquelles, plus on se rapproche d’un trou noir, plus le temps se déplace lentement. Mon modèle de machine à voyager dans le temps utilise l’espace-temps courbé afin de plier le temps dans un cycle pour les passagers au lieu de le laisser en ligne droite. Ce cycle peut nous faire remonter dans le temps », affirme Ben Tippett.

À la recherche de « matières exotiques »

Mais de la formule mathématique à la machine, beaucoup reste à faire, selon le professeur qui ne pense pas être en mesure d’y parvenir.

« H.G. Wells a popularisé le terme “machine à voyager dans le temps” en laissant croire aux gens qu’un explorateur aurait besoin d’une machine ou d’une boîte spéciale pour accomplir son voyage, note-t-il. Bien que ce soit mathématiquement faisable de voyager dans le temps, pour construire une machine, concrètement, nous avons besoin de matériaux –appelés matière exotique- capables de se courber dans temps de façon impossible aujourd’hui. Il ne reste plus qu’à découvrir ces matériaux ».

Qu’est-ce que la matière exotique : Il s’agit d’une matière hypothétique qui ne serait pas constituée des mêmes particules que la matière ordinaire (baryons et leptons) et dont la masse négative pourrait soutenir des tunnels dans l’espace-temps appelés des trous de ver. Ces tunnels seraient capables de connecter deux régions éloignées autrement que l’espace-temps ordinaire.

« Les experts dans mon domaine explorent les possibilités de machines à voyager dans le temps mathématique depuis 1949. Ma recherche présente une nouvelle méthode pour y parvenir », conclut Ben Tippet. Ses travaux ont été publiés dans la revue IOPscience Journal Classical and Quantum Gravity.

VOIR AUSSI: