NOUVELLES
27/04/2017 03:15 EDT | Actualisé 27/04/2017 03:40 EDT

Résurgence d'une organisation islamiste en Asie du Sud-Est

L'organisation islamiste d'Asie du Sud-Est Jemaah Islamiyah, mise en cause dans les attentats sanglants de Bali en 2002, a regagné de l'influence et pourrait faire naître une nouvelle génération de dangereux extrémistes, indique un rapport publié jeudi.

"Depuis 2010, Jemaah Islamiyah met au point une division militaire clandestine tout en élargissant sa base traditionnelle à travers des prédications et des recrutements sur les campus universitaires", écrit l'Institut d'analyse des conflits (IPAC), basé à Jakarta.

L'organisation ne représente cependant "pas un danger immédiat", dans la mesure où elle rejette le recours à la violence sur le sol indonésien, ajoute l'IPAC, observant que la direction de Jemaah Islamiyah (JI) est "fermement opposée (au groupe) Etat islamique (EI)".

"Mais les révélations de l'arrestation depuis 2014 de 18 membres de JI montre que l'organisation devrait toujours être considérée comme un danger", selon ce rapport détaillé.

Elle "pourrait faire émerger un réseau plus militant qui pourrait être plus professionnel dans son organisation, son entraînement et son recrutement que tout ce que la mouvance extrémiste indonésienne peut offrir aujourd'hui", souligne l'IPAC.

Après les attentats de Bali, qui avaient fait 202 morts dont de nombreux étrangers, l'Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, avait lancé une offensive majeure contre les extrémistes islamistes et affaibli les réseaux les plus dangereux, selon des experts.

Les principaux chefs de JI avaient été arrêtés ou abattus. A son apogée en 2001, JI était présente dans cinq pays -- Indonésie, Malaisie, Singapour, Philippines et Australie.

Plus récemment, l'EI est parvenu à mobiliser à nouveau la frange extrémiste indonésienne. En janvier 2016, des attentats suicide et attaques armées à Jakarta avaient coûté la vie à quatre civils. Les quatre assaillants avaient été tués dans ces attaques revendiquées par l'EI, les premières de cette ampleur en Indonésie depuis 2009.

bfi/cls