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27/04/2017 12:33 EDT | Actualisé 27/04/2017 13:00 EDT

Manifestations dans l'ouest de la Guinée: un mort, au moins 28 blessés (source hospitalière)

Une personne a été tuée et au moins 28 blessées depuis mardi dans des violences lors de manifestations de colère dans la ville minière de Boké, dans l'ouest de Guinée, a affirmé jeudi une source hospitalière.

Jusqu'à mercredi, les violences avaient fait dix blessés dont deux graves, toujours à l'hôpital de Boké, a expliqué cette source jointe au sein de cet établissement.

Mais l'un des deux blessés est mort dans la nuit de mercredi à jeudi dans un hôpital géré par une compagnie minière à Kamsar (50 km de Boké) où il avait été évacué, a-t-elle affirmé.

Au total, jusqu'à jeudi, "nous avons recensé 28 blessés à l'hôpital de Boké, mais tout le monde ne vient pas chez nous, d'autres se font traiter dans les cliniques privées", a-t-elle déclaré.

Les protestations, qui ont commencé mardi et se sont poursuivies jusqu'à jeudi, visaient initialement à dénoncer la mort d'un jeune conducteur de moto-taxi, fauché lundi soir par un camion de transport de bauxite, selon plusieurs témoins contactés par téléphone depuis Conakry, à 300 km au sud de Boké.

Les manifestants ont ensuite exposé plusieurs griefs, dont les coupures de courant, le manque d'eau, des problèmes économiques et environnementaux.

Le décès d'un des manifestants a été confirmé à l'AFP par un membre de sa famille, précisant qu'il s'appelle Yaya Yéressa et était âgé de 34 ans.

Il a été évacué de Boké à Kamsar "où il est décédé une heure après son arrivée à l'hôpital", a affirmé cette source sous couvert d'anonymat, indiquant avoir connaissance de "35 blessés" depuis mardi.

Un responsable municipal a parlé de "dizaines de blessés" dans les violences, sans être en mesure de préciser des chiffres. Il y a aussi eu "une vingtaine d'arrestations jusqu'à aujourd'hui (jeudi) mais on a réussi à en faire libérer huit" mercredi, a-t-il ajouté.

Selon un responsable de la gendarmerie, des renforts ont été envoyés de Conakry.

De source officielle, le président Alpha Condé a dépêché une délégation de responsables conduits par le gouverneur de Conakry, le général Mathurin Bangoura, "pour tenter de ramener le calme", sans succès. Leur cortège a reçu des jets de pierre.

Les protestations ont été marquées par la mise à sac d'édifices publics et privés, d'installations publiques dont des feux tricolores. Elles ont paralysé les activités habituelles dans la ville.

bm/cs