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27/04/2017 08:41 EDT | Actualisé 27/04/2017 09:00 EDT

Le Venezuela entame son retrait de l'OEA, la rue toujours mobilisée

Le Venezuela, secoué depuis début avril par des manifestations de l'opposition au cours desquelles une trentaine de personnes ont été tuées, entame jeudi son retrait de l'Organisation des Etats américains (OEA), accusée d'"ingérence", en réponse à la pression internationale.

C'est la première fois dans l'histoire de cette organisation fondée en 1948, qu'un pays choisit de quitter ce bloc régional basé à Washington. Le Venezuela accuse plusieurs pays de la région, dont les Etats-Unis, d'"ingérence" et d'"interventionnisme" dans le but de faire chuter le président socialiste Nicolas Maduro.

Cuba avait été exclue de l'OEA en 1962, en pleine Guerre froide lorsque les tensions avec les Etats-Unis étaient au plus haut. La Havane refuse de réintégrer l'organisation bien qu'elle ait été réadmise en 2009.

L'OEA, dont le secrétaire général Luis Almagro a traité M. Maduro de "dictateur", s'est réunie mercredi pour convoquer un mini-sommet des ministres des Affaires étrangères de la région sur la crise au Venezuela, sans préciser de date.

La chef de la diplomatie vénézuélienne Delcy Rodriguez avait menacé de quitter l'organisation si une telle réunion avait lieu.

"Se retirer de l'OEA isolerait davantage le Venezuela et mettrait en doute son statut de démocratie. Il s'agit sans aucun doute d'une mesure désespérée qui montre que le gouvernement cherche à se retirer avant qu'on lui inflige" des sanctions, explique à l'AFP Diego Moya-Ocampos, analyste du cabinet britannique IHS.

Pour Julio Borges, président du Parlement - seule institution contrôlée par l'opposition depuis fin 2015 -, le retrait du Venezuela de l'OEA signe "l'échec" du gouvernement Maduro.

Le processus, qui doit prendre 24 mois, débutera concrètement lorsque le Venezuela présentera jeudi une plainte contre l'OEA à son secrétaire général.

M. Almagro avait annoncé à diverses reprises vouloir invoquer la charte démocratique de l'organisme pour obtenir la suspension de Caracas.

- 'Un pas de géant' -

"J'ai fait un pas de géant pour en finir avec l'interventionnisme impérial", a écrit Nicolas Maduro sur Twitter après l'annonce du "Vexit".

L'OEA avait haussé le ton en avril en adoptant une résolution dénonçant la rupture de l'ordre constitutionnel au Venezuela, quelques jours après la décision de la Cour suprême de s'arroger les pouvoirs du Parlement.

Ce n'est pas la seule organisation internationale à faire pression sur Caracas: jeudi le Parlement européen a dénoncé la "répression brutale" au Venezuela et exigé une enquête.

En réponse, Caracas a demandé à la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) d'organiser une réunion le 2 mai en signe de "solidarité pour vaincre le plan interventionniste contre le Venezuela", selon M. Maduro.

Le chef de l'Etat doit participer jeudi à un rassemblement de femmes dans le centre de la capitale.

En face, l'opposition cherche aussi à maintenir la rue mobilisée. Elle a appelé ses partisans à assister jeudi à une séance du Parlement délocalisée dans un parc de l'est de Caracas.

Les antichavistes (du nom du défunt président Hugo Chavez, 1999-2013) iront ensuite rendre hommage au dernier manifestant mort à Caracas, un jeune de 20 ans touché à la poitrine par une cartouche de gaz, selon l'opposition. Le parquet, qui a confirmé ce décès, a ouvert une enquête.

Au total, on compte déjà 28 morts, selon le dernier bilan du parquet - 29 selon le chef de l'Etat - qui dénombre aussi 437 blessés et 1.289 personnes arrêtées pour divers troubles et saccages.

Ce bilan est le plus lourd depuis la vague de manifestations de 2014 qui avait fait officiellement 43 morts.

Le 1er mai, qui marquera le premier mois de mobilisation de l'opposition, les anti-Maduro ont prévu de convoquer une "grande manifestation" en signe de défi au pouvoir qui organise traditionnellement de grands rassemblements lors de la fête du Travail.

Dans ce pays pétrolier dont l'économie s'est effondrée avec la chute des cours du brut, la majorité des aliments et médicaments sont introuvables. Sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ de M. Maduro, selon un sondage Venebarometro.

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