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27/04/2017 07:39 EDT | Actualisé 27/04/2017 08:00 EDT

L'Azerbaïdjan demande le blocage de plusieurs médias critiques du pouvoir

Les autorités azerbaïdjanaises ont demandé jeudi à la justice le blocage de plusieurs sites internet appartenant à des médias critiques du pouvoir du président Ilham Aliev, parmi lesquels le groupe Radio Free Europe.

Cette demande concerne Radio Azadlyg, la branche azerbaïdjanaise de Radio Free Europe, média financé par le Congrès des Etats-Unis, ainsi que les télévisions en ligne Saati TV, Turan TV, et Meidan TV.

Ces médias "représentent une menace pour les intérêts légitimes de l'Etat et de la société", a indiqué le ministère des Communications dans sa demande devant la justice, sans donner davantage de précisions.

"Il s'agit d'une démarche qui va à l'encontre de la liberté d'expression et de l'indépendance de la presse", a pour sa part dénoncé auprès de l'AFP Ganimat Zahid, le directeur de Turan TV.

"Je n'attends rien de la justice. Le tribunal va simplement approuver l'ordre politique" qui a été donné, a-t-il ajouté par courriel depuis Strasbourg, où il vit en exil.

"Il s'agit d'étouffer les médias libres en Azerbaïdjan", a abondé par courriel Habib Muntezir, représentant de Meidan TV, basée en Allemagne.

Petit pays du Caucase riche en hydrocarbures, l'Azerbaïdjan est souvent critiqué par les ONG internationales pour des abus visant les défenseurs des droits de l'Homme et les voix critiques du président Ilham Aliev.

Cette ex-république soviétique est classée 162e au classement mondial de la liberté de la presse 2017, publié mercredi par l'organisation Reporters sans frontières.

"Les journalistes indépendants et les blogueurs sont jetés en prison s'ils ne se soumettent pas d'abord au harcèlement, aux passages à tabac, au chantage ou à la corruption", a indiqué l'ONG.

"Face à la pression internationale, le régime a remis en liberté les journalistes emprisonnés les plus connus début 2016, mais a procédé à l'arrestation d'autres dans les mois suivants", poursuit-elle.

Ilham Aliev est arrivé au pouvoir en 2003 après la mort de son père, un ancien haut responsable du KGB qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis 1993. Il a été réélu pour un troisième mandat en 2013.

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