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27/04/2017 16:25 EDT | Actualisé 27/04/2017 17:04 EDT

Des manifestants entrent de force dans le parlement de la Macédoine

SKOPJE, Macédoine — Des manifestants en Macédoine ont réussi à franchir un cordon policier et à entrer à l'intérieur du parlement, jeudi, pour protester contre l'élection d'un nouveau président de l'Assemblée, ajoutant à la crise politique qui sévit dans le pays.

Les discussions pour former un nouveau gouvernement sont dans l'impasse depuis des mois à Skopje.

Les protestataires ont attaqué les policiers et les politiciens, tard jeudi, après que l'Union sociale-démocrate de Macédoine et les partis représentant la minorité albanaise eurent élu un nouveau président de l'Assemblée.

Le leader de l'opposition, Zoran Zaev, avait déjà dit qu'un nouveau président de la chambre pourrait être élu en dehors des procédures habituelles, une idée aussitôt rejetée par les conservateurs qui avaient qualifié la suggestion de «tentative de coup d'État». 

Le président de la Macédoine, Gjorge Ivanov, a appelé au calme dans un discours télévisé après les manifestations, disant avoir convoqué les chefs des principaux partis politiques à une rencontre, vendredi.

«Les législateurs sont responsables au premier chef de rétablir la situation conformément à la Constitution et aux lois, qui ont été violées aujourd'hui (jeudi)», a déclaré le président.

L'ambassade des États-Unis en Macédoine a condamné les violences au parlement, soutenant par communiqué, jeudi soir, que la prise d'assaut de l'assemblée n'était «pas une manière acceptable de résoudre les différends».

L'ambassade a mentionné qu'une majorité de législateurs avaient élu Talat Xhaferi, un parlementaire d'un parti albanais, comme président de l'Assemblée. Elle a dit être prête à travailler avec M. Xhaferi «pour soutenir la démocratie et faire progresser les intérêts de la Macédoine».

Paralysie politique

La Macédoine est sans gouvernement depuis décembre, l'ancien premier ministre conservateur, Nikola Gruevski, ayant remporté les élections sans obtenir une majorité des sièges.

Depuis, les partis refusent de former une coalition, les conservateurs et les sociaux-démocrates se disputant sur l'albanais comme deuxième langue officielle — une demande du parti politique qui représente cette minorité ethnique.

Un quart de la population de Macédoine est albanaise.

M. Zaev, un social-démocrate, a réussi à s'allier à un autre parti albanais lui donnant 69 sièges sur 120 au Parlement, mais le président Ivanov refuse de lui donner le mandat de former un gouvernement.

M. Zaev figure parmi les élus ayant été pris à partie. Des photos présentées à la télévision montrent le leader social-démocrate avec du sang au visage.

Plusieurs centaines de manifestants étaient restés à l'extérieur du parlement, et des affrontements ont eu lieu avec les policiers. La police a lancé des grenades aveuglantes.

Les autorités en Macédoine ont affirmé que 77 personnes avaient été blessées dans les affrontements à l'extérieur et à l'intérieur du parlement. Les blessés incluent 22 policiers et trois élus.

L'Albanie voisine s'inquiète. Le ministre des Affaires étrangères a dit surveiller l'«escalade de la situation en Macédoine avec grande inquiétude».

«De telles scènes de violence contre les représentants élus de la population de Macédoine sont inacceptables», a dit le ministre.