POLITIQUE
27/04/2017 09:43 EDT | Actualisé 27/04/2017 12:39 EDT

Sam Hamad démissionne de ses fonctions de député (VIDÉO)

Le député libéral de la circonscription de Louis-Hébert a remis sa démission au premier ministre Philippe Couillard.

D'abord déchu de son poste de président du Conseil du Trésor en avril 2016 dans la foulée de l'affaire Premier Tech, M. Hamad a choisi jeudi de présenter sa démission au premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

«Je pars la tête haute et fier de ce que j'ai fait.»

— Sam Hamad

« Ma décision est mûrement réfléchie, a déclaré M. Hamad . Je n’ai pas décidé ça en me levant ce matin.J’ai réfléchi à mon affaire. Ça fait 14 ans que je suis en politique, j’ai fait le tour du jardin. Avant la politique, il y a la vie et après la politique il y a la vie. »

« C’est beaucoup d’émotions, beaucoup de souvenirs », a déclaré M. Hamad quelques minutes avant d’annoncer officiellement sa démission. « C’est une grande journée. C’est une vie qui [se] termine et une vie qui commence ».

«Je rentre à la maison.»

— Sam Hamad à sa famille

Selon les informations obtenues par notre journaliste Martine Biron, M. Hamad aurait en fait pris cette décision il y a quelques semaines, ayant accepté un emploi dans le secteur privé.

M. Hamad avait décidé de quitter ses fonctions de président du Conseil du Trésor à la suite de la révélation de contacts indus avec l’ancien collecteur de fonds du PLQ Marc-Yvan Côté dans le dossier Premier Tech.

Il avait cependant conservé son siège de député, le temps que le commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale mène son enquête.

Critiqué par le commissaire à l’éthique et à la déontologie, Jacques Saint-Laurent, M. Hamad était demeuré par la suite sur la touche, le premier ministre Couillard préférant le maintenir à l’écart du conseil des ministres.

M. Saint-Laurent avait estimé que M. Hamad avait bafoué les règles de base du code d’éthique des parlementaires dans ses interventions à l’égard d’une subvention octroyée à l’entreprise Premier Tech.

Le commissaire à l’éthique avait souligné « l’absence de motivation » justifiant sa recommandation au Conseil des ministres de bonifier la subvention de 7,5 à 8,5 millions de dollars.

« Par ses actions, il n'a pas contribué au maintien de la confiance de la population envers les membres de l'Assemblée nationale », avait déclaré M. Saint-Laurent.

La question avait également été soulevée par la vérificatrice générale du Québec dans son rapport annuel. Incapable d’expliquer la recommandation de M. Hamad dans le dossier de la subvention octroyée à Premier Tech, la vérificatrice n’avait toutefois pas blâmé l’ancien ministre.

La démission de M. Hamad intervient le matin même où le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a avancé sur les ondes d’une radio privée que des pressions auraient empêché le dépôt d’accusations contre un ancien député du PLQ et un député du PLQ siégeant encore à l’Assemblée nationale.

Le dossier s’est transporté en chambre lorsque la porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière d’intégrité, Nathalie Roy, a évoqué de façon à peine voilée que l’élu toujours en poste pourrait être Sam Hamad.

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