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26/04/2017 23:13 EDT | Actualisé 26/04/2017 23:40 EDT

Afghanistan: davantage de femmes et enfants victimes du conflit selon l'ONU

Les enfants représentent un tiers des victimes civiles du conflit afghan sur les trois premiers mois de 2017, et payent, avec les femmes, un tribut de plus en plus lourd aux combats, rapporte jeudi l'ONU à Kaboul.

De janvier à mars, 210 enfants ont été tués (+17%) et 525 blessés, sur un total de 2.181 victimes civiles recensées (715 morts et 1.466 blessés). Ce bilan est en légère baisse (-4%) comparé à la même période en 2016.

Parmi les femmes, 88 décès ont été enregistrés, principalement dus aux bombardements aériens, un nombre qui bondit de 54% par rapport à l'an passé.

Les bombardements aériens font plus de victimes dans la population au fur et à mesure que l'armée de l'air afghane monte en puissance, avec 148 morts et blessés sur les trois premiers mois, contre 29 de janvier à mars 2016.

"Nous sommes extrêmement préoccupés par l'augmentation du nombre de victimes chez les femmes et les enfants, en particulier des décès," souligne la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) qui recense les victimes civiles du conflit depuis 2009.

La principale cause de décès dans la population reste les combats au sol entre les parties, qui font 35% des victimes. Si le total des victimes est en léger recul, c'est aussi parce que le nombre de civils fuyant les zones de conflit "a enregistré un record l'an passé" rappelle l'ONU, avec 600.000 déplacés.

L'ONU attribue 62% des victimes du conflit aux éléments insurgés, principalement les talibans qui s'apprêtent à lancer leur offensive de printemps, sans avoir vraiment marqué de pause hivernale dans les régions les plus tourmentées.

Les explosifs, mines et surtout munitions abandonnées par les combattants, restent la deuxième cause de morts et de blessés (19% du total) avec les attentats (17%).

Cela fait de la province de Kaboul celle où sont enregistrées le plus grand nombre de victimes, avec les provinces où les combats sont les plus soutenus comme le Helmand, pratiquement sous contrôle taliban, Kandahar et l'Uruzgan au sud et Nangarhar dans l'Est, fief du groupe Etat islamique.

Pour Danielle Bell, directrice des Droits Humains à l'Unama, "le nombre de victimes parmi les enfants reflète l'absence de mesures adéquates de la part des parties au conflit pour épargner les civils. Y compris signaler ou collecter les munitions non explosées après des combats".

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