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25/04/2017 08:43 EDT | Actualisé 25/04/2017 09:00 EDT

Réforme des impôts de Donald Trump: des idées simples pour un dossier complexe

Simplifier les déclarations, réduire l'impôt de la classe moyenne, alléger les taxes des entreprises et miser sur l'impact de ces largesses pour doper la croissance: Donald Trump dévoile mercredi sa réforme fiscale qu'il veut être l'un des points forts du début de son mandat.

M. Trump a assuré la semaine dernière que son projet de réforme offrirait "peut-être la plus forte réduction d'impôts qu'on a jamais vue". Mais aller au-delà de simples allégements d'impôts et remanier l'ensemble du code fiscal, ce qui n'a pas été fait depuis 1986, promet d'être une tâche complexe.

Plusieurs présidents, démocrates comme républicains, ne sont pas parvenus avant lui à relever ces défis, qui vont de la hantise des républicains à faire gonfler les déficits aux délicats compromis à gérer sur les innombrables déductions fiscales.

Côté impôts sur le revenu, qui constituent de loin la source majeure du budget de l'Etat fédéral, le plan fiscal vise à "réduire les impôts pour la classe moyenne", a affirmé à plusieurs reprises le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, sans donner de détails sur l'ampleur de cet allégement.

Alors qu'une idée de campagne était que le taux maximum de 39,6% d'imposition sur le revenu soit abaissé, il a seulement promis que les éventuelles réductions d'impôts pour les plus riches seraient compensées par l'élimination de déductions.

Un crédit d'impôts promu par la fille du président, Ivanka, sur les dépenses de garde d'enfants devrait avoir sa place dans ces abattements.

Pour compenser l'inévitable perte de revenus pour l'Etat de ces réductions d'impôts, l'administration Trump examine de près les déductions fiscales qu'elle pourrait éliminer en échange, un processus très délicat. Ainsi une déduction portant sur les impôts locaux actuellement en vigueur serait dans le collimateur.

- Carte postale -

La réforme veut faire aussi oeuvre de grande simplification en réduisant les tranches d'imposition sur le revenu de sept à trois (12%, 25%, 33%).

Steven Mnuchin a résumé cet objectif de simplification en assurant que les Américains moyens devraient être capables de "remplir leur déclaration fiscale sur une grande carte postale".

Sur le front des entreprises, Donald Trump veut frapper les esprits en abaissant l'impôt sur les sociétés à 15%, contre 35% actuellement, ce qui apparaît optimiste. Les républicains au Congrès, soucieux de ne pas faire gonfler la dette et les déficits, préfèreraient un taux à 20%.

On considère qu'une réduction d'un point de pourcentage de l'impôt sur les sociétés équivaut à une baisse de 100 milliards de dollars de revenus pour l'Etat sur 10 ans.

Dans le même temps, l'administration Trump assure qu'en abaissant le taux d'imposition des entreprises, elle créera des emplois et attirera de nouveau les sociétés sur le territoire américain.

"Nous voulons faire revenir des milliers de milliards de dollars sur le territoire américain", a affirmé récemment M. Mnuchin à l'adresse des multinationales qui ont établi leur siège à l'étranger pour bénéficier de conditions fiscales plus avantageuses ou qui évitent, via des filiales et des procédés comptables, de rapatrier leurs bénéfices dans le pays.

Ces groupes pourraient même se voir offrir la faveur pendant un an de n'être imposés qu'à hauteur de 10% sur les bénéfices qu'ils ramèneraient sur le territoire.

Jusqu'ici l'administration Trump a assuré que ces réductions qui correspondent à des pertes de revenus pour le budget fédéral vont "se financer d'elles-mêmes", selon les mots de M. Mnuchin, grâce à la croissance des revenus qu'elles vont générer.

"Je crois fermement au +dynamic scoring+", affirme à l'envi le secrétaire au Trésor, évoquant ce concept comptable qui se base sur l'idée que les coupes d'impôts nourrissent la croissance, qui elle-même génère plus de revenus, donc plus de recettes pour l'Etat.

Mais tous les économistes ne sont pas aussi optimistes sur la "neutralité" sur le budget de ces coupes d'impôts malgré la croissance générée.

Donald Trump entend quasiment multiplier la croissance par deux, pour la faire accélérer à 3% au lieu de 1,6% en 2017 et de moins de 2% par an en moyenne au cours de la dernière décennie.

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