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25/04/2017 10:52 EDT | Actualisé 25/04/2017 11:20 EDT

Nigeria: l'agence anticorruption accuse un proche de l'ex-président

L'agence anticorruption du Nigeria a annoncé mardi qu'elle poursuivait en justice le médecin personnel de l'ancien président Goodluck Jonathan, pour six chefs d'accusation devant un tribunal d'Abuja.

"La Commission pour les crimes économiques et financiers (EFCC) assigne à comparaître le Dr Fortunate Fiberesima, ancien directeur du Centre médical d'Etat (...), sur six chefs d'accusations", dont une affaire de blanchiment d'argent, a écrit Wilson Uwujaren, porte-parole de la Commission, dans un communiqué.

M. Fibresima, qui travaillait comme médecin de l'ex-président en 2012, est également accusé d'avoir profité de sa position pour attribuer des contrats à des entreprises où il avait des intérêts personnels.

L'accusé a plaidé non coupable sur tous les chefs d'accusation proférés à son encontre et a été libéré sous caution dans l'attente de son procès dont la prochaine audience se tiendra le 6 juin.

Selon les documents de justice cités dans le communiqué, M. Fibresima aurait notamment attribué un terrain d'une valeur de 259 millions de nairas (775.000 euros) "en tout connaissance de cause" à une société, dont il était le directeur exécutif.

Le président Muhammadu Buhari a promis de mener une lutte acharnée contre la corruption, qui gangrène tous les secteurs du géant pétrolier d'Afrique.

L'agence EFCC a déjà saisi des centaines de millions de dollars, mais après deux ans, aucun accusé n'a pour l'instant vu son procès aboutir.

Les détracteurs de M. Buhari l'ont souvent accusé d'instrumentaliser la lutte anticorruption à des fins politiques contre l'entourage de son prédécesseur et les membres du parti d'opposition PDP (People's Democratic Party) et de protéger ses propres collaborateurs visés par des allégations.

Toutefois, la semaine dernière, sous la pression du Sénat, le chef de l'Etat a "ordonné la suspension" de l'un de ses plus proches collaborateurs, le secrétaire général du gouvernement, David Babachir Lawal, et l'ouverture d'une enquête sur des attributions de contrat "en violation de la loi".

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