NOUVELLES
25/04/2017 16:44 EDT | Actualisé 25/04/2017 17:07 EDT

Les tenants de la suprématie blanche aux États-Unis tentent de s'unir

BIRMINGHAM, Ala. — Les tenants de la suprématie blanche aux États-Unis ont la réputation d'être incapables de s'entendre.

Qu'il s'agisse de néonazis, de nationalistes blancs ou de membres du Ku Klux Klan (KKK), la personnalité déplaisante des principaux intéressés garantit pratiquement qu'une querelle éclatera tôt au tard, menant à la création presque incessante de nouveaux groupes, au partage des membres et à la multiplication des leaders.

Une alliance de groupes suprémacistes née dans un bar du KKK en Géorgie, le Front nationaliste, a pourtant célébré son premier anniversaire samedi. De même, six organisations du KKK ont annoncé le mois dernier qu'elles mettaient leurs ressources en commun.

Ces groupes ont tous le même but: protéger les Blancs, à un moment où les données du recensement laissent croire qu'ils seront minoritaires d'ici 30 ans aux États-Unis.

Les organisations qui surveillent les groupes haineux ne sont toutefois pas impressionnées et font remarquer que le Front nationaliste ne compte plus que 11 groupes, soit environ la moitié du nombre au moment de sa fondation.

«Ces trucs ne durent jamais», souligne Heidi Beirich, du Southern Poverty Law Center, une organisation qui surveille les groupes américains d'extrême droite.

Elle explique que ces groupes qui ont été encouragés par l'élection de Donald Trump tentent sans succès de s'allier entre eux depuis des décennies, dans l'espoir de paraître plus grands qu'ils ne le sont en réalité.

Les leaders prétendent toutefois que cette fois-ci pourrait être la bonne. Un porte-parole du Front nationaliste, Matthew Heimbach, a expliqué que les groupes américains tentent de s'inspirer des organisations européennes, qui ont appris à travailler ensemble plutôt que de s'embourber dans des querelles idéologiques ou organisationnelles.

Il ajoute que les organisations américaines ont collaboré depuis un an à la réalisation de vidéos ou encore à des stratégies de propagande. Elles auraient aussi travaillé ensemble pour appuyer Richard Spencer, un nationaliste blanc, quand il a pris la parole à l'université Auburn plus tôt ce mois-ci.

Une nouvelle image

Tout d'abord appelé l'Alliance aryenne nationale, le Front nationaliste a changé de nom et abandonné la croix gammée dans l'espoir d'élargir son attrait. Certains membres du KKK qui en faisaient partie se sont retirés, et quelques organisations du KKK ont décidé de fusionner pour gonfler leurs rangs et leur pouvoir.

L'Alliance américaine des Klans est née en mars lors d'une rencontre dans une région rurale de la Floride. D'autres groupes liés au KKK ont depuis rejoint ses rangs, selon ses leaders.

Aucun groupe n'a accepté de lever le voile sur le nombre de membres dans ses rangs, mais on peut supposer que cela demeure modeste: seulement une centaine de personnes se sont inscrites à une rencontre du Front nationaliste au Kentucky, en fin de semaine.

Des photos prises lors de la rencontre en Floride qui a donné naissance au regroupement KKK montrent une vingtaine de personnes portant des uniformes blancs ou noirs et faisant le salut nazi. Les organisateurs prétendent qu'il s'agit uniquement des leaders et non de tous les participants.

Mme Beirich affirme qu'elle s'inquiète moins de groupes comme ceux-là que d'entités extrémistes indépendantes comme The Daily Stormer, qu'elle décrit comme un site internet raciste et antisémite et qui, depuis l'an dernier, organise des rencontres locales.

Elle prévient qu'un seul site du genre peut rejoindre des millions de personnes.