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25/04/2017 08:46 EDT | Actualisé 25/04/2017 09:20 EDT

Le président de l'APCE s'explique sur son voyage à Damas et accuse les médias russes

Le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), l'Espagnol Pedro Agramunt, au coeur d'une polémique soulevée par un déplacement en Syrie pour y rencontrer Bachar al-Assad, s'est défendu mardi devant les membres de l'assemblée en accusant les médias russes de l'avoir "manipulé".

"J'ai été manipulé par les médias russes", a soutenu M. Agramunt devant les membres de l'assemblée lors d'une "audition" consacrée à cette question.

Le président de l'APCE soutient avoir effectué ce déplacement en tant que sénateur espagnol et non dans le cadre de ses fonctions au conseil de l'Europe. Il reproche aux médias russes de l'avoir présenté comme le président de l'APCE en déplacement officiel à Damas.

Pedro Agramunt, qui siège au perchoir de l'Assemblée depuis janvier 2016, était accompagné du centriste espagnol Jordi Xucla et du libéral belge Alain Destexhe au cours de ce déplacement.

Plusieurs parlementaires demandent sa démission de la présidence. Mais rien dans le règlement de l'institution ne peut le forcer à partir, a précisé un porte-parole.

M. Agramunt doit accueillir jeudi le roi d'Espagne Felipe VI qui interviendra devant l'Assemblée.

Les trois élus affirment être partis "observer la situation en Syrie" à Alep à l'invitation du parlement syrien, et assurent avoir été contraints de rencontrer le président syrien à Damas. Ils ont voyagé à bord d'un avion civil affrété par l'Etat russe pour se rendre dans la capitale syrienne le 20 mars.

Les trois élus ont tour à tour reconnu des "erreurs" au cours de leur audition et évoqué une "manipulation" des médias russes.

M. Agramunt a expliqué avoir dû "monter dans un jet, pour des raisons de sécurité". "A ce moment-là j'aurais peut être pu ne pas monter dans l'avion", a-t-il reconnu.

"Il ne s'attendait pas à ce que sa visite soit médiatisée. Il partait du principe qu'en partant en tant que sénateur cela ferait moins de dégâts", a souligné une source au sein du Conseil sous couvert de l'anonymat.

"Cette fonction s'exerce de la première minute de l'élection à la dernière minute du mandat", lui a rappelé la député socialiste suisse Liliane Maury Pasquier, s'interrogeant sur l'absence de communication de M. Agramunt.

Fustigeant une "grave erreur politique", le chef de file des élus socialistes, l'Italien Michele Nicoletti avait demandé lundi au président de l'assemblée de "faire preuve de sens des responsabilités" en démissionnant.

Pedro Agramunt a annoncé qu'il fera connaître sa "position" d'ici vendredi.

L'APCE est une instance qui se réunit quatre fois par an à Strasbourg pour permettre à 324 parlementaires issus de 47 pays d'Europe de débattre des droits de l'homme ou de l'Etat de droit.

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