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24/04/2017 22:54 EDT | Actualisé 24/04/2017 23:20 EDT

La Turquie a bombardé des forces kurdes en Syrie

L'aviation turque a mené mardi une série de frappes contre des positions kurdes dans le nord-est de la Syrie, tuant plusieurs combattants, ont indiqué une force kurde et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les avions turcs ont mené une vaste offensive contre une base qui abrite un centre de communication pour les médias et des installations militaires", ont précisé les Unités de protection du peuple kurde (YPG), bras armé d'un des partis kurdes syriens.

"Cette attaque traître a tué et blessé des combattants" ont-elles ajouté.

Les bombardements turcs ont eu lieu près de la ville syrienne d'Al-Malikiyah, proche de la frontière turque, vers 02H00 du matin locales mardi (23H00 GMT lundi), selon les YPG.

La Turquie a mené "des dizaines de frappes simultanées" sur des positions des YPG dans la province de Hassaké (nord-est) et un centre de communication pour les médias, a de son côté indiqué l'OSDH, une organisation qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.

"Trois membres des YPG travaillant dans ce centre ont été tués", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Il s'agit, selon lui, des premières frappes turques en Syrie depuis qu'Ankara a annoncé en mars avoir terminé sa campagne militaire "Bouclier de l'Euphrate".

Lancée en août, cette opération visait, selon la Turquie, à lutter contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) mais aussi à combattre la milice kurde YPG qu'Ankara considère comme "un groupe terroriste" car alliée aux Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

L'aviation turque avait alors mené des frappes contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, visant entre autres une coalition arabo-kurde, les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par Washington.

Les FDS sont entrées lundi dans la ville de Tabqa, un verrou sur la route vers Raqa, le fief de l'EI dans le nord de la Syrie.

Déclenchée en 2011 par la répression sanglante par le régime de manifestations demandant des réformes démocratiques, la guerre en Syrie s'est complexifiée avec l'entrée dans la bataille de milices, de puissances régionales et internationales ainsi que de groupes jihadistes.

Elle a fait plus de 320.000 morts et poussé plus de la moitié des quelque 22 millions de Syriens hors de leurs foyers.

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