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25/04/2017 14:04 EDT

La Guerre racontée aux jeunes

L'auteure acadienne Marie Cadieux lançait, lundi, sa quatrième publication littéraire, intitulée Histoire de Galet. Elle y raconte la Deuxième Guerre mondiale à travers les yeux d'un jeune français vivant en Normandie qui porte secours au soldats Canadiens.

Martin a 15 ans et vit à Dieppe, en France, quand la Deuxième Guerre mondiale éclate. Ses parents quittent vers la Vendée, une région plus sécuritaire, avec ses jeunes frères et soeurs. Ses habiletés en mécanique le poussent à rester dans son village, où il rend service aux Allemands.

Pour Martin, la guerre se résume au couvre-feu, aux rations alimentaires, à sa famille dispersée et à ses rêves évanouis. Jusqu’au jour où il assiste à un débarquement de soldats canadiens. « Et là tiens il y a une bataille incroyable qui éclate juste sous sa lucarne, explique Marie Cadieux. Et une vieille dame l’entraîne à porter secours aux blessés qui sont sur la plage. Et il se retrouve tout à coup face à face avec un soldat qui pourrait être lui, qui a le même âge ».

Encourager la réflexion

Avec ce roman illustré, Marie Cadieux a voulu « dire les vraies choses » et inciter les lecteurs à se demander où ils se posent comme citoyens dans ce genre de situation.

« Je me suis toujours demandé, si j’avais été une Allemande pendant l’Allemagne nazie, est-ce que j’aurais bougé, est-ce que j’aurais protégé des Juifs, est-ce que j’aurais fait quelque chose. Est-ce que j’aurais été mal à l’aise même ou est-ce que j’aurais continué ma petite vie confortable. »

Elle espère, à travers son histoire, aider des parents, des adolescents et des enfants à se poser ces questions, que ce soit en silence ou en discutant.

La guerre en tendresse

L’histoire de Marie Cadieux est illustrée par les dessins de François Dimberton. Lui-même français, il s’est inspiré des souvenirs de ses parents et grands-parents, qui ont vécu les deux guerres mondiales.

« J’ai essayé de me replonger dans les histoires de mes grands-pères qui ont fait Verdun, qui ont fait les attaques de tranchées à la baïonnette et de mes parents pendant l’occupation qui ont souffert du froid, de la faim et de tous leurs récits pour essayer de trouver l’émotion qui colle au texte », explique l'illustrateur.

« Au milieu de la dévastation, il y a de la tendresse, il y a l'amour de ces deux personnes qui viennent aider les Canadiens, ajoute-t-il. C'est de la tendresse dans la guerre donc il faut s'adapter graphiquement. Si ça avait été vraiment un récit de de guerre, ça aurait été un dessin plus violent, plus agressif ».

Son travail pour Histoire de galet est en nomination pour le prix Lillian Shepherd Memorial Award for Excellence in Illustration, remis par le Atlantic Book Awards.