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25/04/2017 06:08 EDT | Actualisé 25/04/2017 06:20 EDT

La compagnie aérienne Alitalia en crise, les actionnaires convoqués jeudi

Le conseil d'administration d'Alitalia, réuni mardi après le rejet la veille par référendum des salariés d'un plan de relance, a décidé d'activer une procédure administrative en vue d'une reprise ou d'une liquidation de la compagnie aérienne et convoqué jeudi les actionnaires.

Etant donné l'impossibilité de procéder à la recapitalisation d'Alitalia, le conseil d'administration indique dans un communiqué avoir "décidé d'ouvrir les procédures prévues par la loi". Cette décision revient à activer la procédure d'"administration extraordinaire" publique en vue d'une hypothétique reprise ou d'une liquidation.

Le Conseil d'administration "a pris acte avec regret des décisions de ses employés de ne pas approuver l'accord conclu le 14 avril entre l'entreprise et les représentants syndicaux". Cet accord aurait permis de "débloquer une augmentation de capital de 2 milliards d'euros, comprenant 900 millions de financement nouveau qui aurait pu être utilisé pour relancer la compagnie", souligne le texte.

Un total de 6.816 salariés d'Alitalia, soit 67% des votants (consultés entre jeudi et lundi par référendum) ont dit non au plan social négocié entre l'entreprise et les syndicats. Il étaient 3.206 à voter oui, selon les résultats définitifs de cette consultation communiqués par les syndicats.

Les salariés ont rejeté un plan prévoyant 1.700 suppressions d'emploi et une baisse de salaire de 8%, alors que le gouvernement, qui a fait office de médiation ces dernières semaines, avait répété tout le week-end qu'il n'y avait pas de solution alternative.

Les caisses de la compagnie sont à sec et les actionnaires (Etihad Airways qui détient 49%, UniCredit, Intesa Sanpaolo, etc) n'entendent pas remettre la main à la poche.

Dans un communiqué conjoint, le ministre du Développement économique, Carlo Calenda, le ministre des Infrastructures et des transports, Graziano Delrio, ainsi que le ministre du Travail, Giuliano Poletti, avaient au préalable exprimé "regret et étonnement face au résultat du référendum Alitalia qui met à risque le plan de recapitalisation de la compagnie".

En disant attendre "les évaluations et décisions des actionnaires et du gouvernement", les syndicats ont appelé à "éviter des décisions qui seraient traumatisantes et irréversibles".

Alitalia subit de plein fouet la concurrence des compagnies à bas coût et accumule les pertes depuis des années, et ce malgré l'entrée à son capital en 2014 de son homologue émiratie Etihad et des fonds injectés par celle-ci.

L'actionnaire majoritaire Etihad pourrait chercher à vendre ses parts au géant européen du transport Lufthansa, estimait mardi le quotidien italien La Stampa, sans citer de sources.

Fin janvier, le patron du groupe allemand avait indiqué souhaiter coopérer davantage avec Etihad, qui détient 29% de la petite compagnie allemande Air Berlin en difficulté.

Cette dernière, en grande difficulté, avait conclu à l'automne dernier un accord pour louer au groupe Lufthansa 38 de ses appareils (équipages compris), permettant au géant allemand du secteur d'agrandir la flotte de sa marque à bas prix Eurowings.

cm/prh